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Regards croisés sur la liberté de la presse à l’Université d’Antsiranana

Moment de partage avec des enseignants, des étudiants et des journalistes de Diego Suarez à Madagascar

vendredi 7 juillet 2023, par Manuel Marchal


Ce 6 juillet, l’Université d’Antsiranana à Madagascar était le lieu d’un moment de partage sur le thème de la liberté de la presse au service de la promotion des droits humains. Une conférence en était le support. Elle a rappelé l’importance du partage pour mieux se connaître et s’enrichir mutuellement.


Ce 6 juillet, la Faculté des Lettres et de Sciences humaines de l’Université d’Antsiranana accueillait une conférence de Manuel Marchal, rédacteur en chef de Témoignages, sur le thème de la liberté de la presse au service de la promotion des droits humains.

Grâce à la mobilisation des enseignants de la Faculté de Lettres et de Sciences Humaines autour notamment de Lovatiana Ravoavy, l’Amphithéâtre Chocolat était rempli. La participation de plusieurs journalistes était à noter, avec en particulier Pascal, le président de l’Association des journalistes professionnels d’Antsiranana (ASPA) et Iss Héridiny de Midi Madagascar, qui intervient également en tant qu’enseignant à l’université de la grande ville du Nord.

Une minute de silence précéda la conférence. C’était un émouvant hommage rendu à une étudiante en 3e année de Licence qui était décédée la nuit précédente.

Quand le système colonial empêchait la liberté de la presse

L’objectif de la conférence était de montrer ce qu’il se passe quand la liberté de la presse peut s’exercer et lorsque ce n’est pas le cas. Les exemples étaient tirés de deux médias : L’Aurore malgache et Témoignages.
Il a été question de la répression subie par les rédacteurs de l’Opinion, journal précurseur de l’Aurore malgache, ainsi que de celle visant Paul Dussac, directeur politique de l’Aurore malgache. Cette répression s’inscrivait dans un régime colonial où la liberté de la presse était combattue par la classe dominante. Ceux qui par leurs écrits s’opposaient à ce système devaient systématiquement s’attendre à subir des peines de prison. Cette violence fut un des facteurs expliquant l’évolution du mot d’ordre des journaux communistes à Madagascar : de la revendication de la citoyenneté comme à La Réunion à celle du retour à l’indépendance.

Quand la liberté de la presse peut s’exercer…

Les articles choisis dans Témoignages rappelaient que quand la liberté de la presse peut s’exercer, alors l’opinion peut être informée des dérives du pouvoir. Et ces dérives finissent par cesser. Ce fut notamment le cas en 1947 avec les articles de Témoignages dénonçant les méthodes de la Gestapo utilisée par les représentants du gouvernement français à Madagascar à l’encontre des victimes de la répression de la révolte.
Les scandales de la fraude électorale, de la déportation de jeunes enfants réunionnais arrachés à leur famille soi-disant pour repeupler la France, du Depo Provera injecté aux femmes Réunionnaises au mépris de leur santé… autant de sujets que la liberté de la presse permit de mettre en valeur. Ce furent autant de combats qui firent avancer la cause des droits humains à La Réunion.

La conférence fut suivie de nombreuses questions d’étudiants et de journalistes fortement intéressés par ce moment de partage mêlant journalisme et regards croisés sur l’histoire.

Présentation de reportages d’étudiants

Elle se conclut par la présentation de trois reportages vidéos réalisés en deux semaines par trois groupes d’étudiants en Licence de la Faculté des Lettres. Il était question de l’agriculture soutenable, de la lutte contre la pollution plastique et de la protection de l’environnement. Ce furent autant de sujets qui ont rappelé qu’à Madagascar, les étudiants sont fortement sensibilisés sur ces questions vitales pour leur avenir. Cela montra aussi leur implication et leur motivation à traiter ce genre de sujets.

Cette matinée du 6 juillet à l’Université d’Antsiranana fut donc un succès. Elle contribua à rappeler l’importance de mieux se connaître par le partage. Une initiative qui en appelle d’autres.

M.M.


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