Témoignages - Journal fondé le 5 mai 1944
par le Dr Raymond Vergès

Accueil > International > Madagascar-Grande Ile

Rencontrer la population : une base de l’enseignement de la communication à l’Université d’Antananarivo 

Le campus, les quartiers d’Antananarivo et le village : les trois premiers jours de formation d’un étudiant en communication

vendredi 2 décembre 2022, par Manuel Marchal


A l’Université d’Antananarivo, la Mention COMMO forme de futurs professionnels de la communication. De la Licence aux Masters, elle accorde une grande importance au développement local et à l’intégration des étudiants dans leur milieu. Dès leur entrée en première année, les nouveaux étudiants sont sur le terrain pendant trois jours à la rencontre des usagers du Campus d’Ankatso, de la population urbaine de la capitale Antananarivo, ainsi que de celle d’un village. Le 17 novembre dernier, un groupe d’étudiants était dans la commune rurale de Masindray, à une vingtaine de kilomètres d’Antananarivo.


« Le contact des étudiants avec les réalités du milieu rural et l’observation des individus en situation de communication constituent les éléments indispensables au bon déroulement du cursus universitaire des étudiants en L1 de la Mention COMMO », précise le Docteur Lanto Rasoanilana, responsable de la Mention, « trois sortes d’activités de terrain permettent aux étudiants d’entrer dans le monde universitaire et surtout d’avoir un aperçu des enjeux de la formation en communication : le campus universitaire, ville et quartier, et le village ».

Légende : La descente au village de Masindray a permis d’observer les pratiques de communication en milieu rural. 

La Mention COMMO, Communication Médiation Médias et Organisation, forme à l’Université d’Antananarivo de futurs professionnels de la communication. C’est l’équivalent d’Information-Communication à l’Université de La Réunion. En Licence et dans les Masters, les sciences humaines tiennent une place importante, tout comme le développement local et la connaissance des réalités de la population malgache. C’est pourquoi dès leur entrée à l’Université, les nouveaux étudiants sont sur le terrain pendant trois jours : tout d’abord au Campus universitaire d’Ankatso, puis le lendemain dans des quartiers urbains d’Antananarivo, enfin dans un village.

D’emblée dans une position de chercheurs

Les plus de 200 étudiants en première année étaient répartis ce 17 novembre dans cinq villages : Namehana, Belanitra, Antananandrano, Manandriana et Masindray. Seul le nom leur était donné, à charge pour eux de trouver le village et de s’y rendre par leurs propres moyens. 

Relié par bus suburbain à Antananarivo, Masindray offre un contraste saisissant avec le centre de la capitale. Ce village est une commune rurale vaste de plusieurs kilomètres carrés, composée de 11 fokontany, mais avec une seule école publique, l’EPP. C’est dans cet EPP que les élèves avaient donné rendez-vous aux enseignants venus les rencontrer peu après le repas de midi.

Le contraste est également saisissant avec le lycée. Dès cette première activité pédagogique, les primo-étudiants sont d’emblée placés dans une position de chercheur, avec comme mission d’observer, de collecter des informations relatives aux pratiques de communication, et d’identifier les différences et les convergences avec les deux autres environnements précédemment étudiés : le campus et la ville.

Mettre des mots sur des pratiques

A Masindray, les étudiants se sont répartis en plusieurs groupes composés au maximum de 8 personnes. Chacun fit ensuite une restitution de ses observations au Docteur Lanto Rasoanilana et à Manuel Marchal, intervenant en journalisme. Ils ont fait part de l’existence d’interdits spécifiques à ce village : pas de chèvre, une seule espèce de porc tolérée notamment. Ils mentionnèrent également un lieu appelé Imerina-masina, en lien avec la venue du roi Andrianampoinimerina. Andrianampoinimerina fut le souverain qui lança l’idée de l’unification de Madagascar.

Ils expliquèrent aussi comment ils ont participé aux activités quotidiennes du village, notamment le travail de la terre. Ils notèrent également le faible taux de scolarisation dans le village, en raison du manque d’établissements, avec pour conséquence un taux d’alphabétisation plus faible qu’en ville. Cela nécessite une communication adaptée des autorités, avec le recours aux images.

Importance des sciences humaines

Cette séquence pédagogique illustre une spécificité de la formation des futurs professionnels de la communication à l’Université d’Antananarivo : le contact avec le terrain. En effet, nombre d’entre eux se destinent à un métier dans le domaine du développement local. Cela implique donc de bien s’imprégner des réalités du peuple malgache. A l’appui de ce travail de terrain, une place importante est accordée aux sciences humaines : anthropologie, sociologie, psychologie, culture et société sont des disciplines importantes dans le cursus universitaire de la Mention COMMO.

M.M.


Un message, un commentaire ?

signaler contenu

Messages

  • Ca a été vraiment une experience enrichissante pour nous les étudiants.

  • Merci pour le partage de la nouvelle.

  • Ces bases sont très significatives et très utiles pour les étudiants en Mention Commo.
    L’apprentissage de l’observation et de la transmission de ce qui est vu et entendu est important en termes de communication
    La découverte des types de problèmes dans ces lieux permet aussi d’organiser (bilan) les problèmes et d’autres, de sorte qu’il est possible de renouveler et développer un lieu.

  • On peut dire que c’est une bonne idée et important de faire cette trois descente avant d’entrer en L1. Tout cela facilite la pratique de la communication

  • Excellent article !ça nous enseigne un peu plus sur notre contribution au développement local ainsi que de l’importance de la communication.

  • Je suis l’une des personnes qui ont été à Masindray lors du descente. De mon point de vue, je trouve que c’est superbement résumé avec pleins de détails croustillants surtout quand on sait de quoi il retourne.

  • Pour ma part, la campus, le quartier et la descente sur village m’a permi de bien s’habituer dans la base de la Communication et pour m’apprendre d’avantage les formes de Communication dans n’importe quelle situation, de n’importe quand à n’importr où.
    Littéralement la formation professionnelle au seins du COMMO et déja un début pour s’améliorer au terme d’un parcours professionnel

  • Ca nous aide à découvrir le monde des commo

  • La communication nécessite la participation sur le terrain c’est à dire discuter avec la population locale,c’était me but de cette expédition en milieu rurale,avangage ?nous avons pu connaître l’avis des gens en dehors du campus universitaire et aussi cela nous a permis d’être plus ouvert de voir le monde d’une autre point de vue plus scientifique c’est à dire une opinion prouvée

  • Et cette descente était à la fois divertissant et instructif de plus, ça nous a permis de mieux comprendre la vie à la campagne

  • Merci pour cet article ! C’est intéressant de savoir que dès la première année, les étudiants sont amenés à faire des recherches par rapport à la réalité que vivent ces communautés rurales. Une pratique qui devrait être commune auprès de tous les instituts universitaires du pays. Ces futurs professionnels en communication disposent ainsi d’une formation complète qui ne se limite pas à la théorie entre les murs

  • Effectivement ces descentes sur terrain m’ont permis de m’initier à la communication et d’analyser le milieu urbain tout aussi bien que le milieu rural.

  • Merci beaucoup pour cet article.
    C’est très instructif☺

  • Acquisitions des connaissances, découverte d’une nouvelle façon de penser.La communication est un chemin qui nous mène vers le changement.

  • Le sens de l’observation est très important dans le domaine de la communication, c’est pourquoi les descentes directes sur terrain permettent aux étuditans de mieux comprendre ce qu’est la communication

  • Cette rencontre nous a vraiment aidé a comprendre le monde suburbain et le mode de vie des individus qui y vivent

  • Cette descente a été une expérience enrichissante et constructive pour nous, étudiants en COMMO

  • C’était une expérience très enrichissante et une très bonne avant-goût de l’étude qui nous attend. Et aussi un parfait exemple des travaux qui vont suivre

  • On n’étaient pas à Masindray mais à Antanandro mais on constate que dans ces villages, les villageois respectent les tabous ou bien les "fady" en malgache.

  • À mon avis,Les descentes sont très importants pour l’étude en communication car celà consiste à s’approcher,négocier et discuter avec les gens et nous intègrent dans le monde professionnel de la communication

  • Etudier la communication se base sur la facon de se communiquer avec differente personne a la fois, mais en plus c’est savoir s’adapter et s’improviser face a telle ou telles situation(s), la descente en village etait la meilleure facon de mieux comprendre les activites des paysans ou des personnes appliquees dans le monde de l’agriculture et de la communication, reliant ces activites a la communication pour trouver d’autres facons de bien gerer cela entre nous et des personnes n’ayant pas la meme version de ce que c’est que la communication, c’etait tres instructif et nous a fait vivre de nouvelles aventures.

  • Cette descente en village nous a fait comprendre la facon de pensee des gens qui vivent a la campagne et nous a ouvert l’esprit a mieux connaitre ce qu’on appelle
    Cela nous a aider a decouvrir le monde de la Communication et a vivre de nouvelles aventures

  • C’était une formidable expérience en tant qu’étudiante en communication. En effet, nous avons beaucoup parlé avec la population et c’était un moment riche en partage.

  • Cette descente m’a permis de voir la grand différence entre ville et village

  • C’est agréable d’envoyer des étudiants aux villages pour observer un autre environnent et pour s’approcher d’une autre société que leurs habituels.

  • Pour moi cette descente est intéressant
    J’ai pu tirer beaucoup des expériences sur la communication avec les gens de la campagne
    J’ai pu voir des autres façon de communication

  • La descente , tant bien en ville qu’au village a permi la collecte de données et de présenter les différents traits qui cadrent les activités de cette approche dont l’objectif était de faire l’évaluation des indicateurs de mode de vie urbaine mais aussi rurale comme le langage , la culture , l’homme et ses relations sociales.Pour se faire , bon nombre de moyens ont été déployés : l’observation , l’écoute et les échanges d’idées . Pour ma part , ces approches m’ont été bénéfiques pour l’initiation dans le monde de la communication .

  • Pour ma part j’étais à Namehana, je trouve que l’idée des descentes était ce qu’il y a de mieux pour les nouveaux L1 COMMO car sur le terrain (campus, ville, village), personnellement j’ai pu constaté que la manière d’approche avec les gens compte beacoup si l’on veut leur poser des questions ou des indications lors des descentes comme celles-ci.

  • Pour ma part, j’ai constaté que la façon de se communiquer varie selon les lieux. Au Village, la plupart des gens sont plus ouvertes et le registre de langue est encore plus ou moins courant.
    Ces descentes m’ont appris qu’il existe au-delà de ce que je vois des types de communication,de tabous et surtout du mode de vie apart ceux qu’on vie quotidiennement.
    Merci pour cette excellente article !!!

  • Connaître l’environnement qui nous entoure, nous les étudiants, est nécessaire car si nous le connaissons nous pouvons le maîtriser d’où l’interêt du campus. Savoir la différence entre une ville et un village, les catégories de gens qui rendent ces endroits différents, permet de savoir les méthodes que nous devons établir pour sensibiliser, informer ou encore mobilser les gens de la ville ou du village. Mais le plus important c’est que grâce â ces descentes nous avons pu connaître l’homme et l’homme dans son environnement. Et en communication c’est la base. Alors, oui ces descentes on été plus qu’enrichissante, elles étaient utiles afin de résoudre des problèmes de communication comme pour Manandriana ou Masindray et autres.

  • C’était une éxperience inoubliable.On a pu connaître des autres modes de vie.La descente sur terrain est ausssi essentiel pour notre étude en communication

Plan


Facebook Twitter Linkedin Google plus