Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
Après la restitution par la France
3 septembre 2025, par

La France a officiellement restitué à Madagascar des reliques emportées durant la colonisation. Parmi elles, le crâne de Toera, roi sakalava du Menabe, figure centrale de la résistance malgache. Ce retour, attendu depuis des décennies, marque un tournant dans la reconnaissance des blessures héritées de la période coloniale.
photos MCC
Arrivées hier matin à l’aéroport d’Ivato, les reliques ont immédiatement été accueillies par une foule immense. Des dizaines de milliers de personnes ont formé une haie d’honneur le long du cortège funéraire. Le recueillement collectif témoignait de l’importance symbolique de ce retour : au-delà de la mémoire d’un souverain, c’est l’identité et la dignité d’un peuple qui étaient célébrées.
Un hommage national s’est déroulé au Mausolée d’Aravatr’Ambohitsaina , en présence du président de la République et des plus hautes autorités de l’État. Ce lieu, chargé d’histoire, abrite les dépouilles de patriotes malgaches tués lors de l’insurrection de 1947 contre l’armée coloniale française, ainsi que celle de l’ancien président Didier Ratsiraka. Associer le roi Toera à ces figures majeures de l’histoire nationale confère à cet hommage une portée symbolique forte : celle d’un fil rouge entre résistances anciennes et luttes contemporaines pour la souveraineté.
Mais le retour des reliques ne s’arrête pas à Antananarivo. Dès aujourd’hui, elles prendront la route de l’Ouest pour rejoindre le Menabe, région d’origine de Toera et de ses compagnons. Leur transfert vers le tombeau royal incarne l’ultime étape d’un long voyage, celui qui permet de rétablir un lien brisé entre les vivants et leurs ancêtres.
Pour de nombreux Malgaches, ce geste dépasse la seule restitution patrimoniale : il représente une réparation morale et un devoir de mémoire. En retrouvant sa place parmi les siens, Toera peut désormais reposer en paix, aux côtés des ancêtres.
Le retour des reliques du roi sakalava rappelle que la mémoire coloniale reste vive, mais qu’elle peut aussi être un terrain de réconciliation et de reconnaissance mutuelle.
M.M.
Paul Vergès : 2016-2026
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