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18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
La crise climatique : défi toujours présent
15 novembre 2025, par

Madagascar reste confronté à des défis majeurs, au premier rang desquels la crise climatique. Mardi, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a alerté sur l’aggravation de la situation dans le Grand Sud et le Grand Sud-Est, où se succèdent depuis deux ans sécheresses, cyclones et chocs climatiques d’une intensité croissante.L’ONU lance donc un appel urgent de 85 millions de dollars pour répondre aux besoins prioritaires de 1,5 million de personnes jusqu’en avril 2026. Cette somme représente quasiment le budget de la présidence de la transition militaire pour 2026, elle a été votée par l’Assemblée nationale, seule institution parlementaire maintenue par les militaires après le coup d’État.
Photo UNOCHA/Viviane Rakotoarivony
Selon l’OCHA, « l’impact persistant de la récente sécheresse liée à El Niño et de la saison cyclonique, combiné à une flambée de paludisme et à des systèmes de santé sous tension, a laissé de nombreuses communautés avec très peu de moyens pour se relever ». Résultat : la crise alimentaire s’intensifie. Le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire d’urgence dans le Grand Sud pourrait être multiplié par quatre d’ici janvier 2026, pour atteindre 110 000 individus, tandis que 160 000 enfants souffrent déjà de malnutrition aiguë sévère.
Besoin de 85 millions de dollars
À ces vulnérabilités climatiques et sanitaires s’ajoute une contraction brutale des financements internationaux. Les coupes budgétaires ont contraint plusieurs organisations humanitaires à suspendre leurs opérations, privant des milliers de ménages d’une aide pourtant vitale. Un plan de réponse humanitaire de 185 millions de dollars a bien été élaboré par le Bureau national de gestion des risques et catastrophes, avec l’appui des Nations unies, mais il accuse un déficit de 125 millions. L’OCHA lance donc un appel urgent de 85 millions de dollars pour répondre aux besoins prioritaires de 1,5 million de personnes jusqu’en avril 2026.
Cette crise humanitaire s’inscrit dans un contexte politique particulièrement instable. Fin septembre, des manifestations menées par de jeunes protestataires ont éclaté à Antananarivo et dans plusieurs grandes villes, dénonçant les coupures répétées d’électricité et d’eau, la corruption et la détérioration des conditions de vie. Soutenu par une partie de l’armée, le mouvement a culminé le 14 octobre avec la destitution du président Andry Rajoelina par une Assemblée nationale que ce dernier venait tout juste de dissoudre. Une transition militaire a été instaurée dans la foulée, entraînant la suspension du pays des instances de l’Union africaine.
La combinaison d’une crise alimentaire aiguë, d’aléas climatiques extrêmes et d’un bouleversement politique profond fait peser une menace supplémentaire sur la capacité des acteurs humanitaires à atteindre les populations les plus vulnérables. Dans ce contexte explosif, l’appel de fonds lancé par l’OCHA apparaît indispensable pour éviter une nouvelle détérioration des moyens de subsistance dans le sud de l’île — et rappeler que, malgré les changements de pouvoir, l’urgence climatique demeure, avec la croissance démographique, le principal défi pour Madagascar.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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