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4 août, parÀ La Réunion l’école est obligatoire et doit être gratuite
30 juillet 2013

Suite à un article paru récemment dans la presse, de nombreuses personnes m’ont demandé des éclaircissements concernant l’affaire de “La Traviata” de septembre 2012. Les voici.
Comme d’autres, je me suis rendu à Saint-Benoit pour voir “La Traviata”, présenté dans les encarts publicitaires comme un opéra de Giuseppe Verdi par l’ « Orchestre de la Région Réunion ». Il s’agissait en réalité d’un simple concert. Passons sur la publicité mensongère : ceux qui voulaient voir la version scénique ont dû se rendre au Festival Opéra Mauritius, ce que j’ai fait le 14 septembre suivant. Quoique sans surprise au niveau de sa mise en scène, le spectacle fut correctement interprété, notamment par l’Orchestre de Région. Il aurait amplement mérité d’être présenté au Théâtre de Champ Fleuri. Pourquoi ne l’a-t-il pas été ? L’orchestre, qui présentait également diverses œuvres de Bartok, Milhaud, Ravel, dont nous ne verrons jamais la couleur, est resté quinze jours à Maurice aux frais du contribuable réunionnais.
Pour ceux qui hésitent à dire que les membres de l’Orchestre de la Région Réunion sont métropolitains, ces derniers étaient présentés ainsi dans le programme : « artistes résidants à La Réunion ». Je ne jette pas la pierre, l’orchestre philharmonique du Cap est entièrement blanc. Cela crée tout de même un malaise, car on entretient depuis vingt ans à La Réunion un conservatoire et une multitude d’écoles de musique censés former des instrumentistes. Cet épisode est révélateur d’une situation qui s’aggrave et que les élus ne veulent pas voir en face. Alors que nous avions à La Réunion un festival Lyrissimo devenu Festival de la Voix, la Mairie de Saint-Denis l’a supprimé. Maurice l’a récupéré. Quand la Région a été sollicitée pour participer au festival de Maurice, elle n’a proposé aucune création réunionnaise, par exemple “Les enfants du Levant”, ou “Maraina” et “Chin”, pourtant jouées en métropole et diffusées sur France Télévisions. Pourquoi ?
Formations, fondation d’un répertoire local, vision d’avenir, création d’un orchestre de l’océan Indien, laïcisation des concerts, collaboration avec Madagascar, etc., ces sujets devaient être abordés à l’occasion des Assises réunionnaises de la musique classique et du lyrique, promises par la Dac OI pour décembre 2012. Celles-ci ont été annulées et le Théâtre Vollard prié de s’inscrire au Pôle Emploi.
Emmanuel Genvrin
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