Maurice

39ème anniversaire de l’indépendance de l’île Maurice

Témoignages.re / 19 mars 2007

Lundi 12 mars dernier, l’île Maurice a célébré le 39ème anniversaire de son indépendance et le 15ème de son accession au statut de République. Cérémonie du drapeau, défilé des forces armées, la célébration s’est déroulée dans une ambiance festive avec en invité d’honneur, le Président malgache Marc Ravalomanana. Une cérémonie officielle s’est également tenue dimanche dernier, dans l’île, au consulat de la République de Maurice. Différentes personnalités ont fait le déplacement, notamment le Premier ministre du gouvernement mauricien, Sir Navin Rangoolam.

« L’île Maurice est à l’honneur, nous fêtons notre indépendance », ce sont les premiers mots prononcés par Jacques Véloupoulé, Consul honoraire de la République de Maurice, dès l’ouverture de cette cérémonie. « Indépendance », mot important, synonyme de responsabilités et d’obligations. Depuis le 12 mars 1968, après 158 ans de règne britannique et un peu plus de 100 ans de colonisation française, l’île Maurice est libre. Pays pauvre au moment de son indépendance, cette île a su diversifier son économie et aujourd’hui, les technologies de l’information et de la communication occupent une place importante dans son économie. « Aujourd’hui, à la veille de notre 40ème anniversaire, nous avons toutes les raisons d’être fiers de ce que nous avons accompli. Mais notre pays doit faire face à de nouveaux défis et la vérité, c’est que notre pays est devenu plus pauvre », affirme le Premier ministre mauricien.
Mais pour bien comprendre, un peu d’histoire s’impose.

L’histoire de l’indépendance de Maurice

Les historiens pensent que les premiers visiteurs de l’île Maurice furent les navigateurs phéniciens arrivant du Liban, vers 2000 avant JC. Les marins arabes visitèrent Maurice régulièrement à partir du Vème siècle et lui donnèrent le nom de Dina Arobi. Ce n’est qu’au début du XVIème siècle que des navigateurs portugais commencèrent à circuler dans la région. Ces derniers s’y installèrent pour la première fois en 1505. L’île est occupée puis colonisée par les Hollandais à partir de 1598. Elle est alors baptisée Maurice en l’honneur du Prince hollandais Maurice de Nassau. Les Hollandais sont les premiers à introduire des esclaves sur l’île, les esclaves les plus nombreux sont amenés d’Afrique et de Madagascar.
En 1715, Maurice passe sous le contrôle de la France, quand Dufresne d’Arsel la revendique, et est renommée Île de France. L’île est prise par les Britanniques en décembre 1810 après une défense du Gouverneur-Général Isidore Charles Decaen. En août de la même année eut lieu l’unique victoire navale de Napoléon : la bataille du Grand Port. L’île est officiellement rattachée à l’empire britannique en 1814, date à laquelle elle retrouve son ancien nom.
L’indépendance a été obtenue le 12 mars 1968 par le scrutin du 7 août 1967. Le pays est resté depuis membre du Commonwealth des Nations, bien qu’il devînt une république le 12 mars 1992. Grâce à une démocratie relativement stable, le pays a su attirer des investissements étrangers importants et, dispose d’un des revenus par habitant les plus importants d’Afrique.

Maurice s’appauvrit...

Depuis son indépendance acquise en 1968, Maurice a connu une évolution économique fulgurante. L’île est passée d’une économie qui reposait sur l’agriculture et particulièrement la canne à sucre, à un pays dont l’économie diversifiée repose sur des secteurs industriel et financier en pleine croissance et sur le tourisme. L’espérance de vie augmente, la mortalité infantile baisse, la croissance annuelle est de l’ordre de 5% à 6%. Les infrastructures se développent.
Cependant un constat s’impose à nous aujourd’hui : l’économie mauricienne connaît une baisse de régime. En effet, les réformes de l’Union européenne concernant le marché sucrier affectent l’exportation du pays.
Le Premier ministre explique que l’île avait un prix garanti pour le sucre, qui était supérieur au cours mondial et que désormais, cette garantie n’existe plus. Il admet que le pays a déjà connu des moments difficiles mais jamais dans notre histoire, nous n’avons eu à faire face à autant de défis en même temps.

...mais a encore un atout : le tourisme

Plage de sable blanc, eau turquoise et cocotiers font de Maurice une destination de choix pour passer des vacances de rêves.
En 2006, l’île Maurice a accueilli 788.000 touristes, dont la majorité venait de France. Il existe actuellement 99 hôtels en opération dans le pays, dont 42 avec plus de 80 chambres. Pour attirer davantage de touristes, le pays a commencé à libéraliser l’accès aérien et des lignes comme Corsairfly peuvent maintenant desservir la destination. Prochainement, ce sera au tour de Virgin Atlantic.
La construction de villas de luxe vendues sous le nom de “Integrated Resort Scheme” devient un nouveau pôle de croissance économique. Grâce à ce nouveau type d’aménagement combiné à l’ouverture du pays aux étrangers, Maurice a amorcé une nouvelle ère de développement, qui porte déjà ses fruits en termes d’investissement étranger direct et d’emplois créés et qui est appelé à changer la face du pays, à plus long terme. L’IRS a bien vite suscité l’intérêt de dizaines de promoteurs locaux et étrangers ; pour preuve les autorités ont reçu plus d’une vingtaine de projets de ce type représentant des investissements de 100 milliards de roupies et avec un potentiel de création pour 12.000 emplois. Au total, rien qu’avec ces projets, plus de 1700 villas de luxe ont été construites ou sont en cours de construction.
« Mais le temps des efforts n’est pas encore fini, nous devons poursuivre notre travail pour le retour à la prospérité », conclu Sir Navin Rangoolam.

Nous souhaitons, donc, une très bonne fête de l’indépendance à tous les Mauriciens.

Sophie Périabe


Mission du consulat de Maurice à la Réunion

Très différente de par leur histoire, leur destin, l’île de la Réunion et l’île Maurice aspirent aux mêmes fondements : liberté, justice, fraternité, etc...
Toujours très proche l’une de l’autre, des liens étroits se sont tissés au fil du temps et le consulat de Maurice s’efforce de raffermir ces liens entre les deux populations. « Faciliter l’accueil des Mauriciens à la Réunion est une de mes principales préoccupations », affirme Jacques Véloupoulé. De nombreux jeunes étudiants mauriciens viennent chercher dans l’île des formations qui n’existent pas chez eux, le consulat a aussi pour rôle de les accompagner dans leur démarche. Enfin, le consulat participe aussi activement au déploiement de la diplomatie économique décidée par le Gouvernement.

SP