Le numéro un français en voyage à Maurice, première étape de sa tournée africaine

À Maurice, Emmanuel Macron implique La Réunion sans nous consulter

21 novembre 2025, par Manuel Marchal

La visite de Macron à Maurice dépasse la diplomatie bilatérale : le président y parle aussi au nom de La Réunion, voisine à 230 km mais éloignée de Paris de 10 000 km. Coopération régionale, eau, énergie, sécurité maritime : Paris veut renforcer son ancrage dans l’océan Indien en s’appuyant sur notre pays et sans consulter les Réunionnais réduits au rang de supplétifs d’une ancienne puissance coloniale occidentale qui veut réaffirmer sa présence en Afrique face aux succès des puissances émergentes que sont les BRICS.

a visite de 24 heures qu’Emmanuel Macron effectue à Maurice prend une dimension particulière pour La Réunion. Si le président français a atterri à Port-Louis pour évoquer diplomatie, énergie ou sécurité maritime,il s’exprime au nom de notre pays. Un paradoxe géographique s’impose : Maurice est l’État le plus proche de La Réunion, à peine 230 kilomètres, mais le président qui s’y rend vient, lui, de Paris, à 10 000 kilomètres de l’autre côté de l’Afrique.

Cette distance souligne l’enjeu central de la visite : utiliser La Réunion au profit des intérêts français. Lors de ses entretiens avec le Premier ministre Navin Ramgoolam et les autorités mauriciennes, Emmanuel Macron doit évoquer une coopération accrue entre “l’île sœur” et notre pays dans l’accès à l’eau, l’énergie, la sécurité maritime

Le chef de l’État a insisté sur la capacité réunionnaise à soutenir Maurice en cas de pénurie d’eau et sur les synergies possibles dans la production d’énergies renouvelables. Cette approche régionale Face aux succès de la cooprération africaine de la Chine, de l’Inde ou de la Russie, Paris cherche à réaffirmer sa présence en Afrique en s’appuyant sur Maurice et La Réunion.

La visite du bâtiment militaire français, le Champlain, illustre cette volonté de coopération renforcée contre les trafics et la pêche illégal. L’Agence française de développement, elle, doit signer plusieurs accords visant à sécuriser les infrastructures mauriciennes, notamment face aux aléas climatiques .
Dans un contexte où l’influence française recule en Afrique et où les crises politiques se multiplient — Madagascar en étant le dernier exemple — cette halte à Maurice se lit aussi comme un message : La Réunion n’est pas seulement un département, mais une base militaire et politique que Paris mobilise à sa guise.

M.M.

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