4 puissances nucléaires d’outre-mer implantées dans notre région : après le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la République française, l’Inde aura sa base militaire

Militarisation de l’océan Indien : inauguration de la base d’Agalega

29 février, par Manuel Marchal

Après la base anglo-américaine de Diego Garcia et les bases françaises de La Réunion et Mayotte, c’est au tour de l’Inde de contribuer à la militarisation de l’océan Indien. La base d’Agalega doit être inaugurée aujourd’hui par le Premier ministre de Maurice et celui de l’Inde, en visioconférence.
Si officiellement la base vise à développer Agalega, la nature des infrastructures construites par l’Inde ne trompent personne. Elles sont trop surdimensionnées pour être conformes à la version officielle et correspondent au besoin d’une base militaire.
4 puissances nucléaires d’outre-mer disposent donc de bases militaires dans notre région : Royaume-Uni, République française, Etats-Unis et Inde. Ces impérialismes vont à l’encontre de la culture de paix et d’hospitalité des peuples de notre région.

Depuis plusieurs jours, les habitants d’Agalega voient arriver un nombre sans précédent de visiteurs. Ils viennent à l’occasion de l’inauguration de la base d’Agalega concédée à l’Inde. Officiellement, ce n’est pas une base militaire. Mais plusieurs centaines d’ouvriers venus d’Inde ont participé à la construction d’une piste d’atterrissage de 3 kilomètres, et d’une jetée capable d’accueillir les bateaux de guerre de l’Inde.
Pravind Jugnauth, Premier ministre de Maurice, sera aujourd’hui à la cérémonie tandis que Narendra Modi, président de l’Inde, sera en visioconférence.

Une base de l’Axe Indo-pacifique

Officiellement, la piste d’atterrissage permet le désenclavement de ce petit archipel sous souveraineté de Maurice. Ce 27 février, les habitants d’Agalega ont ainsi assisté aux premières arrivées d’avions ATR. Mais les infrastructures construites sont largement surdimensionnées pour un tel objectif.
La population ne s’y est pas trompée. Elle craint la répétition d’une déportation, celle que subit le peuple chagossien suite à la construction de la base de Diego Garcia. Le gouvernement mauricien de l’époque fut complice de cette tragédie.
Un gouvernement d’extrême droite est au pouvoir en Inde. L’Inde est une puissance nucléaire avec une armée importante. Mais jusqu’à présent, elle ne dispose pas de base permanente outre-mer. Jusqu’alors, son principal point d’appui est la base militaire française de la Pointe des Galets. Plusieurs navires de la marine militaire indienne y ont fait escale ces dernières années, et Paris compte sur le gouvernement indien pour constitution un axe anti-chinois : l’Axe Indo-pacifique promut par Paris.
Des résistances se font sentir face à l’impérialisme indien. Des négociations avaient abouti à la mise à disposition par le gouvernement des Seychelles de l’île d’Aldabra. Mais la mobilisation menée par le collectif Preserve Seychelles a permis de faire échouer ce projet.
Avec la concession d’Agalega, l’Inde disposera d’un point d’appui permanent.

Les précédents des Chagos, de La Réunion et de Mayotte

La fin des années 1960 et le début des années 1970 furent marqués par la militarisation de l’océan Indien par les anciennes puissances coloniales.
Il y eut d’abord la construction de la base militaire anglo-américaine de Diego Garcia au Chagos. Puis ce fut le transfert des bases militaires françaises de Diego Suarez et d’Ivato à La Réunion lors de la décolonisation de Madagascar. Le maintien de Mayotte sous administration française en 1975 permit à l’ancienne métropole de disposer d’une autre base militaire dans notre région.
La mise en service de la base d’Agalega marque l’arrivée d’une quatrième puissance nucléaire dans notre environnement immédiat.
Un demi-siècle après le vote par l’ONU d’une résolution pour la démilitarisation de l’océan Indien, force est de constater que ce sont quatre armées dotées de l’arme nucléaires qui y occupent des bases : Royaume-Uni, Etats-Unis, Inde et République française.

M.M.


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Messages

  • Et la Chine ?
    Plusieurs bases dans l’océan indien

  • Quelles bases chinoises dans l’océan Indien ?
    Existe-t-il une base de l’armée chinoise à Maurice, au Chagos, à La Réunion, à Madagascar, aux Comores ou aux Seychelles ?

  • A Djibouti, au Sri Lanka et bientôt aux Maldives...
    Sans compter les nombreux bateaux militaires chinois qui sillonnent dans l’océan indien.
    L’océan indien doit être une zone de paix. Pas de bateaux militaires et pas de base.
    Il faut dénoncer tous les pays qui installent des bases militaires.

  • Djibouti ne se situe pas dans l’océan Indien mais dans la Mer Rouge...
    Au Sri Lanka et aux Maldives, il n’existe pas de base militaire chinoise. L’armée indienne a un projet de station d’écoute aux Maldives.
    Quelles sont donc vos sources ?

  • Les chinois ont bien une base militaire sur le territoire de la république de Djibouti , elle est située à OBOCK qui se trouve à proximité du détroit d’El Mandab qui relie la mer rouge à l’océan Indien .
    Djibouti est situé dans le golfe d’Aden mais comme celui ci fait partie de l’océan indien on peut dire sans erreur qu’il est situé dans l’océan indien et non dans la mer rouge.
    Selon les informations diffusées sur internet cette base chinoise permet à la chine de positionner 10000 hommes à cet endroit stratégique .
    Notons en passant que la stratégie de Djibouti n’est pas de se ranger derrière les chinois , mais de gagner de l’argent par la location de ses terrains et par l’apport des devises étrangères dépensées par les étrangers qui vivent sur son territoire .
    Plusieurs grandes puissances sont implantées à Djibouti depuis longtemps, notamment , la France , les USA ,les allemands et les italiens . Avec l’arrivée des chinois à OBOCK ce sont environ 20000 soldats étrangers, dont un peu plus de 3000 soldats français , qui sont stationnés en permanence sur le territoire Djiboutien pour intervenir en urgence en cas de conflit concernant les pays de la zone
    Pendant les deux guerres d’Irak Djibouti a constitué une base arrière notamment pour l’armée américaine et pour l’armée française et Il y a peut être aussi des soldats russes basés à Djibouti depuis , mais c’est à vérifier.
    J’ai travaillé à Djibouti pendant quelques années comme coopérant affecté sur le poste de conseiller technique du ministre de l’intérieur et je connais bien la situation de ce pays et sa politique extérieure . c’est un pays pauvre dont la population doit maintenant dépasser le million d’individus , mais dont les seules ressources proviennent de l’exploitation de sa position stratégique tant sur le plan militaire que sur le plan économique . C’est sans doute pour ses dirigeants une démarche politique économique et diplomatique très intelligente et efficace pour un pays pauvre ne disposant d’aucune ressources naturelles , tant que les implantations militaires permettent de préserver la paix et permettent à de nombreuses personnes de survivre dignement . Nous ne pouvons que nous en féliciter , mais en cas de conflit grave ou nucléaires , elles peuvent bien entendu constituer des cibles privilégiées .

  • Je vous remercie pour la leçon de géographie. Effectivement, la base militaire chinoise de Djibouti se situe à la jonction de l’Océan Indien et la Mer Rouge. (Djibouti possède une façade maritime de 314 km allant de la Mer Rouge à l’Océan Indien). Cette base abrite pour information plus de 2 000 soldats chinois et nombreux équipements militaires chinois de dernière génération.
    La Chine utilise les ports dont elle est propriétaire pour faciliter ses opérations militaires dans l’Océan Indien. Il s’agit des ports Chitagong au Bangladesh, Gwardar au Pakistan, Hmabantot au Sri Lanka et Kyaukpyu en Birmanie et plus récemment les Maldives, accord signé tout récemment par le Président Muizzu des Maldives (pro-chinois) lors de sa visite du 8 au 12 janvier 2024 à Pékin. Ces ports ne sont pas officiellement des bases militaires tout comme pour Agalega qui n’est pas officiellement une base militaire indienne. Le « Xiang Yang Hong 3 » officiellement un navire de recherche océanographique chinois, mais soupçonné d’être plutôt un navire d’écoute, est actuellement accosté aux Maldives. Deux rapports internationaux suggèrent les intentions inquiétantes de la Chine dans l’océan Indien pourtant pays non riverain de l’Océan Indien.
    Ainsi plusieurs sous-marin d’attaque diesel-électrique de classe Song se sont rendus au Sri Lanka et dans d’autres ports des pays de l’Océan Indien. Les six sous-marins d’attaque chinois à propulsion nucléaire de classe Shang naviguent constamment dans l’océan Indien.
    Bref, je pourrais encore développer mais c’était simplement pour vous dire de dénoncer toutes les puissances ayant des velléités militaires dans l’Océan Indien et ne pas épargner la Chine du fait peut être qu’elle appartient à la même idéologie politique que votre journal.
    Je rappelle que le PCR a été l’un des rares parti politique communiste à avoir dénoncé l’invasion de Prague par les armées du Pacte de Varsovie dirigées par l’Union soviétique communiste (petite pensée pour Julien Ramin).
    J’apprécie également beaucoup le travail de Mme Julie Pontalba qui milite pour un « « Océan Indien zone de paix » au sein de l’association Mouvement pour la paix qu’elle préside.
    Fin de l’épisode, merci à vous