Maurice

Maurice : les partis d’opposition et la plateforme citoyenne ensemble pour une île Maurice unie, sans corruption, sans magouilles, où il fait bon vivre…

une foule immense rassemblée à Port Louis le 13 février

David Gauvin / 15 février 2021

L’île Maurice connait de fortes tensions sociales exacerbées par les affaires dans lesquelles sont mouillées des membres important du gouvernement. Face au râle bol de la population, les partis d’oppositions (MMM, Ptr, PSMD,) et la plateforme citoyenne de Bruneau Laurette s’unissent pour changer la vie des mauriciens. Une foule immense s’est réunie à leur appel à Port Louis.

La manifestation de samedi, est la suite logique d’une série d’évènement qui ont isolé le MSM.

Genèse du mouvement

Le 8 décembre 2020 est lancée a plateforme citoyenne fondée par Bruneau Laurette. Très attendue depuis plusieurs semaines, l’association a été baptisée Linion sitwayen morisien. Elle se fonde sur une série d’évènement qui ont marqué la vie des mauriciens, les squatteurs évacués en plein confinement ; l’incompétence du gouvernement dans la gestion du naufrage du MV Wakashio ; l’inclusion du pays sur la liste noire de l’Union européenne ; le scandale Angus Road ; le refus de la police d’approuver la manifestation du 7 novembre ; et le nombre considérable de pertes d’emploi attribuées à la mauvaise gestion des finances du pays. Elle s’est crée à la suite de plusieurs grandes manifestation qui ont permis de faire converger les luttes.

Le décès d’un activiste du MSM Kisten met au grand jour la confiscation du pouvoir par un clan et met en lumière des pratiques d’un autre temps, marchés truqués, emplois fictifs, brigade de la mort, manipulation de la justice.

Une manifestation qui rassemble un large spectre des acteurs politiques de l’île

Les leaders des partis de l’opposition, notamment Navin Ramgoolam, Paul Bérenger, Xavier-Luc Duval, et Roshi Bhadain étaient présent.
Tout comme de Nando Bodha et d’Ashok Jugnauth, anciens ministres MSM. 
Dans la foule encore, l’ancienne présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, l’ancien ministre de l’Éducation, Armoogum Parsuramen, Dev Jokhoo, l’ancien patron du National Security Service (NSS), et de Rajen Narsinghen, chargé de cours à l’Université de Maurice (UoM).
Tout comme des syndicalistes, tel Atma Shanto.
Du côté des « Avengers » (des avocats de la famille Kistnen), il y avait bien sûr Roshi Bhadain, qui est aussi le leader du Reform Party.
D’anciens ministres comme Anil Gayan, Mukeshwar Choonee, l’ancien maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, Ken Fong, membre du Muvman Liberater, Jean-Claude Barbier du Mouvement Patriotique, et le Dr Vasantrao Gujadhur, ancien Director of Health Services au ministère de la Santé, ont marché aujourd’hui.
Des membres de Rezistans ek Alternativ, et son porte-parole, Ashok Subron, et des représentants du collectif Arret kokin nou la Plaz étaient aussi présents.

Les interventions des porte paroles

Ils étaient deux à prendre la parole. Toutes les parties concernées étaient tombées d’accord pour que ce soit l’activiste Bruneau Laurette et le leader de l’opposition, Arvin Boolell, qui s’adressent à l’assistance lors de la marche du samedi 13 février.

Bruneau Laurette a fustigé les membres de gouvernement : « Sak sou zot kokin ! Concernant le Wakashio, cette commission d’enquête est une comédie, une farce, on cherche un bouc émissaire pour que les ministres puissent s’en tirer. Aujourd’hui, le combat n’est pas politique, nou tou pou ramas beze. » Bruneau Laurette a aussi avancé que chaque voix compte et qu’il faut un référendum pour chaque grande décision à prendre dans ce pays. Il a, par ailleurs, déclaré qu’il allait bientôt se pencher sur le cas du chef de la CCID, Heman Jangi, dans le but de le faire partir…

C’était ensuite au tour d’Arvin Boolell de prendre le micro : « La force de l’opposition veut une symbiose avec la force citoyenne, c’est la seule façon de les faire partir (…) Aujourd’hui, la culture de l’immoralité règne, nous voulons un pays où toutes les institutions fonctionnent, où il y a la justice, la méritocratie, la transparence. Je vois ici un commencement main dans la main, alors préparons l’avenir, créons une belle république, un modèle de démocratie. »

La réaction du Premier Ministre

Pour lui, les « vrais patriotes » auraient dû faire preuve de solidarité au lieu de manifester. Le chef du gouvernement s’exprimait lors du 100e anniversaire de la Tyack Arya Samaj qui a eu lieu à Tyack hier, samedi 13 février. Il n’a pas raté l’occasion de donner son avis sur le mouvement de foule qui a débuté aux alentours de 14 heures le même jour : « Des groupes se sont unis et menacent la paix sociale. Se enn panie krab, une bande de frustrés. Nous, nous sommes là pour consolider, pour cimenter (…) Je ne laisserai pas des bandes de bandits créer l’anarchie dans le pays. » Pravind Jugnauth estime que l’opposition est une « alliance de bandits » qui ne veut pas le meilleur pour le pays : « La situation que l’opposition essaie de créer dans le pays est semblable à celle de 1999, où il y avait une émeute. » Il a fait un appel à la population, celui de s’unir : « Ensemble, nous apporterons beaucoup de positivité dans notre société. »

Face à l’union la plus large des Mauriciens, le Premier Ministre se retrouve de plus en plus isolé. Même si les élections générales ont eu lieu en 2019, il semble inéluctable qu’elles soient avancées. Rien que la semaine dernière, deux ministres ont démissionné, un pris dans l’affaire Kritnen, et l’autre Nando Bodha qui est entrée en opposition au MSM, même si il a cofondé le parti. L’union de la plateforme citoyenne et des partis d’opposition doit se concrétiser autour d’un programme de transformation social, environnemental et citoyenne.
Les mauriciens nous montrent le chemin à suivre pour changer notre pays.

David GAUVIN