Maurice

« Oté Fontaine ! Nou la travay ! Kansa i pèy anou ? »

Les ASSEM de Saint-Pierre toujours pas payées depuis deux mois

Témoignages.re / 3 avril 2004

Le maire de Saint-Pierre refuse de recevoir les personnes qui attendent le salaire qui leur est dû. « Allez voir les communistes », leur fait-il répondre en leur reprochant d’avoir « voté pour l’Alliance »...! C’est bien la confirmation des pressions ignobles faites sur le personnel communal par certains élus.

Jeudi dernier, “Témoignages” s’est déjà fait l’écho du scandale des assistantes maternelles (ASSEM) en poste dans les écoles de Saint-Pierre et qui ne sont toujours pas payées pour le travail qu’elles ont effectué au cours des mois de février et mars. Un scandale dénoncé notamment par Graziella Leveneur, la conseillère générale de Saint-Pierre, qui a reçu les doléances de plusieurs mères de familles victimes de cette injustice.
Hier, Graziella Leveneur a appelé “Témoignages” pour nous demander de continuer à dénoncer ce problème, car les ASSEM ne sont toujours pas payées. En effet, souligne l’élue saint-pierroise, les difficultés financières de ces personnes s’accumulent, elles ne peuvent plus faire face à leurs besoins élémentaires (loyer, nourriture, factures d’eau et d’électricité etc...). Et cela d’autant plus qu’elles sont privées de tout autre revenu (elles n’ont plus d’ASSEDIC, plus de RMI...).
"Ces employées sont au bout du rouleau", nous dit Graziella Leveneur, qui rapporte leurs propos : "L’État contribue pour 80% à financer nos emplois, alors que fait la Mairie avec cet argent ? Oté Fontaine ! Oukilé nout larzan ? I fé travay anou, i pèy pa ! Nou la travay Fontaine ! Kansa i pèy anou ?"
Un grand nombre d’agents sont touchés. Sur une seule école de La Ravine des Cabris, signale par exemple Graziella Leveneur, dix ASSEM n’ont pas encore été payées.
Une délégation s’est rendue à la mairie pour demander au maire à quelle date elles recevront leur salaire. Mais Michel Fontaine n’a pas voulu les recevoir. Il leur a fait dire : "Zot la vote pou l’Alliance ! Alé demann bann kominis...!".
On ne peut pas avoir de meilleur exemple du mépris des représentants de l’UMP pour la population et de leur façon de faire pression sur les gens à l’occasion des élections.