Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Le fondateur du MMM quitte le parti qu’il a fondé pour dénoncer des dérives
14 avril

Après plus de 50 ans d’engagement, Paul Berenger annonce son départ du Mouvement Militant Mauricien (MMM). Ce parti avait été créé pour « remettre en question l’ordre établi et ouvrir une nouvelle voie pour notre pays ». « Nous avons porté la voix de celles et ceux que l’on n’écoutait pas, et nous avons refusé, toujours, que la politique se résume à la gestion du pouvoir », poursuit-il dans un message diffusé hier sur Facebook, indiquant qu’il a « alerté sur des dérives que je considère incompatibles avec les valeurs que nous avons toujours défendues ». « La décision de maintenir le parti au sein du gouvernement, sans conditions, sans garanties, et sans exigence claire quant à la mise en œuvre du programme pour lequel nous avons sollicité la confiance des Mauriciennes et des Mauriciens, marque une rupture profonde. Rester au pouvoir ne doit jamais être une finalité »ajoute-t-il, avant d’annoncer qu’« un nouveau mouvement politique sera lancé avec les militantes et militants, Mauriciennes et Mauriciens qui partagent nos valeurs et nous rejoindront dans ce combat »
« Il est des décisions qui portent le poids d’une vie entière.
Aujourd’hui, après plus de cinquante années d’engagement politique, je suis contraint de me retirer du Mouvement Militant Mauricien, ce parti que j’ai contribué à fonder en 1969, dans un contexte où il fallait oser remettre en question l’ordre établi et ouvrir une nouvelle voie pour notre pays.
Ce départ est un déchirement.
Car le MMM a été bien plus qu’un parti. Il a été une force de transformation nationale. Il a été le vecteur d’une prise de conscience collective. Il a été, pour toute une génération, le symbole d’un combat pour la dignité, pour l’égalité et pour la justice.
Ensemble, nous avons contribué à faire avancer des causes essentielles : l’amélioration des droits des travailleurs, l’élargissement des libertés, l’émancipation de notre société, le renforcement des institutions démocratiques. Nous avons porté la voix de celles et ceux que l’on n’écoutait pas, et nous avons refusé, toujours, que la politique se résume à la gestion du pouvoir.
Parmi ces combats, celui pour une véritable réforme électorale a occupé une place centrale. Parce qu’une démocratie ne peut être pleinement accomplie tant que chaque voix ne compte pas à sa juste valeur. Ce combat, je ne l’abandonne pas. J’espère encore qu’il pourra aboutir de mon vivant.
Ces luttes ont façonné ma vie. Elles ont donné un sens à mon engagement.
C’est précisément au nom de cet héritage que je prends aujourd’hui cette décision.
Depuis plusieurs mois, j’ai alerté sur des dérives que je considère incompatibles avec les valeurs que nous avons toujours défendues : des pratiques que nous avons combattues hier, des lenteurs qui freinent le progrès, et un éloignement préoccupant des engagements pris devant le peuple.
J’ai estimé de mon devoir de parler, non pas pour diviser, mais pour redresser.
Je constate aujourd’hui que ces avertissements n’ont pas été suivis d’effet.
La décision de maintenir le parti au sein du gouvernement, sans conditions, sans garanties, et sans exigence claire quant à la mise en œuvre du programme pour lequel nous avons sollicité la confiance des Mauriciennes et des Mauriciens, marque une rupture profonde.
Rester au pouvoir ne doit jamais être une finalité. Le pouvoir n’a de légitimité que lorsqu’il est exercé avec rigueur, avec courage, et dans le respect absolu de la parole donnée.
C’est donc en conscience, et fidèle aux principes qui ont guidé toute ma vie politique, que je fais aujourd’hui le choix de me retirer du MMM.
Je me retire avec une immense tristesse, mais aussi avec la sérénité de celui qui n’a jamais transigé avec ses convictions.
Je me retire sans renier notre histoire, sans effacer nos combats, sans oublier tout ce que nous avons construit ensemble.
Et avec la certitude que l’essentiel, en politique comme dans la vie, est de rester fidèle à ce que l’on a toujours été.
Le combat continue. Dans ce but, un nouveau mouvement politique sera lancé avec les militantes et militants, Mauriciennes et Mauriciens qui partagent nos valeurs et nous rejoindront dans ce combat. »
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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