Maurice

Services sanitaires débordés : Ni suivi, ni prélèvements sanguins de passagers venant de régions à risque

Chikungunya et dengue à Maurice

Témoignages.re / 2 novembre 2007

Les choses traînent au niveau des services sanitaires pour la région de Coromandel à Quatre-Bornes. Il n’y aurait ainsi ni suivi, ni prélèvements sanguins de passagers venant de régions à risque. Une fois ces personnes arrivées, les services sanitaires à l’aéroport réfèrent le cas à ceux s’occupant de la région concernée. Ce sont eux qui font le suivi.


Par exemple, un passager n’aurait été contacté par les services sanitaires que deux mois après son retour de Madagascar, de Tanzanie et d’un autre pays d’Afrique. Entre-temps, il était reparti en Thaïlande d’où il est revenu. L’épouse de ce passager est outrée. « C’est aberrant. C’est un grave problème de santé publique. En deux mois, la personne aurait pu être malade. Sans compter qu’elle en aurait contaminé d’autres. Je suis enceinte et j’ai un enfant de deux ans. Donc, nous sommes très vulnérables ». 



Le responsable du département concerné, au niveau du ministère de la Santé, Sunil Sohun, rejette le problème. « Le système marche. Il n’y a pas de faille. Souvent, nous essayons de contacter ces personnes, mais en vain, ou encore, elles ne sont pas là »
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Un responsable, qui a souhaité garder l’anonymat, avoue toutefois que ce problème est dû à un manque aigu d’effectifs : ses collègues et lui ne peuvent assurer le suivi de tous les passagers. Il affirme avoir fait part du problème à la Santé, sans résultat. Au niveau du ministère, on dit être conscient du problème et que les procédures ont été enclenchées pour recruter des surveillances officers. D’ici début 2008, le problème devrait être résolu. La Santé, qui a déjà sévèrement blâmé ses services sanitaires il y a deux mois, soutient, du reste, que « nous ne pouvons pas prendre de risques. Il ne faut faire aucun compromis sur cette question. S’il y a un manque de personnel, qu’ils s’organisent pour avoir recours à d’autres bureaux. Un cas, c’est un cas de trop ». Une source au ministère d’ajouter : « C’est dans ce contexte un peu laxiste qu’une Seychelloise atteinte du chikungunya n’a pas été découverte. Depuis, il y a eu un transfert massif à l’aéroport, et c’est clair que le système de surveillance actuel ne fonctionne pas comme il se doit »
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Pour les défenseurs d’un système plus rigoureux, « au moins l’ancien système avait le mérite de ne pas laisser des loopholes. Les consignes données aux passagers selon lesquelles ils doivent prévenir s’ils se sentent mal relèvent d’une démarche approximative ». Sunil Sohun rappelle que l’Organisation mondiale de la santé avait soutenu que le fait de faire du porte-à-porte n’apportait pas grand-chose. Mais selon une source qui a travaillé sur le chikungunya, la rigueur est cruciale. « Tous les cas que nous avons eus étaient d’origine étrangère. Raison de plus pour que la vigilance s’accentue ». 


Par Jane L. O’Neill

“lexpress.mu - La Sentinelle”