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Stop Opération Wuambushu
24 avril 2023, par

Le dimanche 16 avril des rassemblements pacifiques se sont tenus dans toute la France, comme à Saint Denis de La Réunion, contre le projet du gouvernement appelé Wuambushu. Cette opération vise à expulser plus de 20 000 personnes de Mayotte et à détruire les habitats de ses personnes.
A la suite de ce rassemblement, un collectif de médiation s’est constitué, et propose des solutions pour une sortie pacifique de cette crise qui touche l’île de Mayotte. Plusieurs associations comoriennes, plusieurs partis politiques ainsi que le Mouvement Réunionnais Pour la Paix composent ce collectif.
Ce samedi 22 avril, le collectif a déposé un courrier au préfet, en direction du président de la République, pour se positionner en tant que structure de médiation et comme force de propositions.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’appel
L’annonce d’une Opération dite « Wuamboushou » de l’État français, soulève une profonde inquiétude et une large réprobation de beaucoup d’organisations, épris de paix et d’humanité. Le Comité de Médiation de la Réunion, en tant que structure de médiation, considérant les répercussions sur l’ensemble de nos iles, à tous les niveaux, humain, économique social et régional, lance cet appel aux autorités du département de la Réunion, en premier lieu à monsieur le Préfet, Représentant de l’État.
Le terme même employé de cette vaste opération spéciale appelée Wuambouchou « Wua-ambouchou qui signifie tuez-les en vieux bantou, est un projet qui s’apparente à un crime contre l’humanité.
Comment comprendre une telle opération spéciale de grande envergure policière, d’un ministre de l’intérieur qui la décline, en destruction d’habitations et à la déportation planifiée des habitants vivant à Mayotte.
Cet ignominieux plan de chasse à l’homme, de familles comoriennes, pour la plupart d’entre eux, nés et vivant depuis des décennies à Mayotte, porte une grave atteinte au droit de l’Homme auxquels la France est attachée s’en enorgueillit.
Les autorités de Mayotte assument vouloir « nettoyer du comorien ». Le renfort d’un millier de gendarmes et policiers, dont des membres de la CRS 8, une force d’intervention spécialisée dans les violences urbaines attestent de la férocité et de la cruauté du plan et de son intention à peine avouée. Le Quotidien de La Réunion du 18 avril 2023, note que « de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer cette opération, comme des personnes soignants, travaillant à Mayotte, des membres d’associations d’aide aux plus démunis et aux étrangers, l’UNICEF ou encore la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), son représentant Jean Marie Burguburu, avait écrit à Gerard Darmanin en lui demandant de renoncer à ce projet, parlant « d’aggravation des fractures et des tensions sociales dans un contexte déjà très fragilisé » et d’atteinte au respect des droits fondamentaux des personnes étrangères dans le cadre d’expulsions massives ».
Un grand débarquement est en cours à Mayotte, près d’un millier d’habitations, devront être rasés et leurs occupants délogés. Rien n’est laissé au hasard. « Une dizaine de spécialistes de l’Agence régionale de Santé ont été spécialement dépêchés sur place pour déclarer les bangas insalubres pour les détruire plus vite » écrit le Canard enchaîné.
Dès l’annonce de ce « nettoyage » qui vise ouvertement, les originaires des autres iles de l’Archipel, la peur a envahi les populations de ces habitations. Ce sont principalement des enfants, des femmes et des hommes dont, les parents sont originaires de « là-bas », en majorité des mineurs maintenus par l’Administration française sans papiers, sans nationalité, désignés par les autorités, « enfants isolés des rues sans papiers ». Les éducateurs et les associations tirent le signal d’alarme et craignent une situation catastrophique, sanitaire, psychologique et humaine.
Les centaines d’enfants dont les mamans ont été expulsées manu militari, par les autorités françaises, sont nés et ont grandi sur le sol de l’Ile de Mayotte, où leurs droits fondamentaux (protection, scolarisation, …) auraient dû être assurés par les autorités. Ainsi, l’amalgame est facile. Sont-ils devenus tous apatrides chez eux ? Cette situation renvoie aux tristes images des Royingas chassés de Birmanie.
Alors que, La France signataire de la Convention relative aux droits de l’enfant, devrait au contraire, promouvoir et protéger les droits de l’enfant, dans le respect de cette Convention, qui énonce dans son protocole que « les droits des enfants doivent être spécialement protégés et demande à ce que la situation des enfants, sans distinction, soit sans cesse améliorée et qu’ils puissent s’épanouir et être éduqués dans des conditions de paix et de sécurité… ».
Le cynisme et la brutalité de l’opération Gerard Darmanin, planifiée et annoncée après à la fin du Ramandan, s’annonce comme un acte funeste de déplacement de populations contraire donc, aux droits, universels de l’humanité.
Rappelons que depuis 4 décennies, l’Etat français refuse cette protection aux enfants dits immigrés, sans papiers nés dans les maternités de Mayotte et qui ont grandi sur cette ile.
Par ailleurs s’ajoute à ce drame, les personnes qui cherchent à rejoindre Mayotte en barques que l’on estime à plus de 30 000 personnes mortes noyés, sans aucun secours des autorités de l’Ile sous administration française. L’État va-t-il continuer à toujours aller dans le sens de certains élus mahorais d’extrême droite, extrémistes, qui préfigurent, organisent et veulent le chaos à Mayotte et dans la région ? La ruse consiste à incriminer et à désigner comme boucs émissaires les pauvres, alors même qu’il s’agit de leurs propres échecs et de l’échec retentissant du colonialisme. Car Il est important de comprendre que, « les droits humains doivent malgré tout autre considération, être protégés et respectés, quel que soit le statut de la personne, dans le pays où elles/ils se sont installés ». Les gouvernements sont tenus de les protéger de la violence raciste et xénophobe, ainsi que de l’exploitation et du travail forcé. Aucune personne ne devrait jamais, être détenue ni renvoyée de force sans raison légitime.
Troublés, par les effets catastrophiques de ce plan qui vise à remettre en cause le maintien d’une paix, d’une sécurité et d’un développement durable sur nos iles de l’Océan Indien, nous citoyens membre du Comité de Médiation de la Réunion, réunis ce jour à Saint Denis (97490) déplorons et condamnons avec fermeté toute opération de destruction et de déplacement de population de Mayotte.
Appelons à la retenue et au dialogue
Exigeons :
Demandons au Gouvernement de la République qu’il assume ses responsabilités de protéger les droits de chaque personne, et veiller à ce que les Mahorais comme les personnes des autres iles vivant à Mayotte soient en sécurité et ne soient pas expulsés, discriminés ni abandonnés à la pauvreté.
Fait à Saint Denis le 19 avril 2023
Accord signé par les USA mercredi à Versailles
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