Paul Vergès : Penseur et homme d’action
1er septembre, parPaul Vergès : 2016-2026
Un an après Chido
10 janvier

« Mayotte, île sous domination » démonte le récit officiel du cyclone Chido : derrière la catastrophe climatique se cache une violence structurelle. Arrachée aux Comores en 1975, Mayotte est devenue un laboratoire sécuritaire et xénophobe de l’État français. Le film donne la parole aux habitants, révélant pauvreté, répression et résistances, dans une perspective anticoloniale et anti-impérialiste.
En décembre 2024, le cyclone Chido ravage Mayotte. En quelques heures, 100 000 personnes perdent leur logement, presque toutes vivant dans des habitations précaires que l’État français savait vulnérables et qu’il a laissé proliférer. Face aux images de désolation, le pouvoir politique invoque la fatalité climatique. Mais cette explication est un mensonge confortable. La catastrophe n’est pas seulement naturelle : elle est le produit direct d’un système toujours à l’œuvre.
C’est ce que démontre avec force le documentaire « Mayotte, île sous domination », réalisé par Pauline Le Liard, Mathilde Detrez et Carol Sibony, à l’initiative du Collectif d’Action Judiciaire. Depuis 1975, la France a arraché Mayotte au reste de l’archipel des Comores, imposant un processus de dépossession qui a transformé l’île. Derrière le vernis administratif, les réalités sont brutales : pauvreté de masse, accès restreint aux droits, répression policière permanente et instrumentalisation du droit comme arme de contrôle.
Le film adopte un point de vue rare et nécessaire : celui de militantes et de travailleuses du droit engagées à Mayotte. À hauteur d’habitantes et d’habitants, il recueille des paroles trop souvent invisibilisées. Colères face à l’injustice, résignations imposées par la violence institutionnelle, mais aussi résistances quotidiennes qui défient l’ordre colonial. Loin des discours sécuritaires et humanitaires qui saturent l’espace médiatique, le documentaire donne à voir la réalité vécue : celle d’un territoire traité comme un laboratoire.
Car le cyclone Chido a surtout servi de prétexte. Prétexte pour accélérer un agenda sécuritaire et xénophobe déjà bien engagé. Après Wuambushu et Place Nette, la loi Mayotte et le nouveau régime d’exception sur le droit du sol renforcent une politique de tri, d’expulsion et de militarisation. Mayotte devient un avant-poste de l’impérialisme français dans l’océan Indien, où l’état d’exception est normalisé et exportable.
« Mayotte, île sous domination » s’inscrit clairement dans une perspective anticoloniale et anti-impérialiste. Il dévoile les mécanismes de la gestion coloniale contemporaine et rappelle une évidence que le pouvoir cherche à étouffer : il n’y a pas de catastrophe « naturelle » dans un système fondé sur l’injustice structurelle. Voir ce film, c’est refuser l’oubli et le mensonge. C’est choisir d’écouter celles et ceux que la République relègue, contrôle et réprime, tout en prétendant les protéger.
Samedi 25 janvier à 20h
Cinéma La Clef, 35 rue Daubenton, Paris
Prix libre, sans réservation
Paul Vergès : 2016-2026
Mézami mi rapèl lo tan demoune dsu la tèr l’avé pèr la guèr nikléèr i pète avèk la déstrikssion konplète bann sivilizassion. Pars dann tan-la (…)
In kozman pou la rout
Conséquence du sabotage depuis 2010 du plan d’autonomie énergétique de La Réunion
Réchauffement des océans
La casse sociale continue
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
À La Réunion l’école est obligatoire et doit être gratuite
Recrutement de travailleurs des pays voisins pour couper la canne pendant plusieurs mois
Protection bénéficiant à un pilier du néocolonialisme français à La Réunion
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
Rapport de l’Inspection générale des finances