Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Samedi, après la proposition du préfet
10 octobre 2011

Mayotte est toujours paralysée par un mouvement de grève générale. Une nouvelle réunion de concertation a eu lieu samedi 8 octobre 2011 entre l’État, l’intersyndicale, le patronat, la Chambre de commerce, les dirigeants de la grande distribution et les associations de consommateurs. À l’issue, le Préfet Thomas Degos a proposé d’envoyer les associations de consommateurs « étudier les prix à La Réunion » pendant une demie journée et de recevoir lui-même individuellement « de dimanche à mercredi » toutes les parties prenantes du conflit. Les manifestants ont catégoriquement rejeté ces propositions. « La grève se poursuivra tant que les prix de Mayotte des principaux produits de base, alimentaires ou non, n’auront pas été alignés sur ceux de La Réunion », martèlent les manifestants.
« Le voyage est en train de se préparer. Les représentants des associations de consommateurs vont partir très vite à La Réunion. Ils pourront se rendre compte que certains prix y sont moins élevés, mais que d’autres sont par contre plus élevés ». A 19 heures samedi, cela faisait 4 heures qu’État, syndicalistes, patronat, Chambre de commerce et consommateurs étaient réunis au siège de la Direction du Travail et de l’Emploi à Mamoudzou.
À l’extérieur, plus de 300 personnes, dont beaucoup de femmes, ont attendu en récitant des prières demandant à Dieu et au prophète Mohamed de leur accorder la satisfaction de leur revendication. Laquelle se résume en un seul slogan : « que les prix, au moins des produits de base, soient fixés en fonction de nos revenus ». Dès lors, la proposition de voyage à La Réunion organisée par la Préfecture comme celle de nouvelles concertations étalées sur plusieurs jours n’avaient que peu de chance de satisfaire les grévistes. « Ces mesures ne nous engagent pas. Elles concernent le préfet. Il nous revient de décider, avec la population, ce que nous devons faire », prévient Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT Mayotte, dès sa sortie de réunion.
La foule qui attendaient depuis des heures les résultats de cette énième réunion voulait être informée immédiatement. Le problème était que les manifestants étaient postés devant les deux portes du bâtiment et que les représentants du patronat n’avaient visiblement aucune envie de les rencontrer. Finalement, à la demande des dirigeants syndicaux, la foule s’est dirigée vers la place du marché située non loin.
C’est là qu’elle a appris les mesures « inacceptables », selon l’expression d’un manifestant, faites par le préfet. C’est là qu’elle a décidé de poursuivre le mouvement « jusqu’au bout ». C’est-à-dire jusqu’à la satisfaction des revendications concernant les prix d’au moins trois produits symboles. À savoir le passage des 10 kilos d’ailes de poulet de 27 euros à 15 euros, celui de la bouteille de gaz de 32 euros à 20 euros et celui des 10 kilos de riz de 14 euros à 8 euros. « On ne peut pas payer aussi cher alors que le revenu moyen est de 200 euros par famille », s’indigne un syndicaliste. « On restera mobilisé autant de temps qu’il le faudra pour que l’État et la grande distribution comprennent cela », ajoute le syndicaliste.
Mayotte est devenue département français en mars dernier. « Nous savons parfaitement qu’il est impossible d’aligner tout de suite le SMIC et toutes les prestations sur celles servies dans les autres départements français. Nous demandons simplement à vivre dignement et cela doit passer par un alignement des prix sur ceux de La Réunion », conclut ce syndicaliste.
Rappelons par ailleurs qu’un petit garçon de 9 ans, Nasri, originaire de Koungou, a été grièvement blessé par un tir de flash-ball dans la nuit de vendredi à samedi. Les faits se produits lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants. Selon les premiers éléments d’information, le tir serait parti des forces de l’ordre. Blessé à la tête Nasri a été évacué vers La Réunion. (voir encadré)
Avec Mahdia Benhamla à Mayotte pour www.ipreunion.com
Un enfant grièvement blessé
Dans des circonstances encore indéterminées, Nasri, un enfant de neuf ans, originaire de Koungou, a été grièvement blessé à la tête par un tir de flash-ball dans la nuit de ce vendredi 7 octobre au samedi 8 octobre à Mayotte. Le tir proviendrait des forces de l’ordre. Les faits se sont produits à Koungou, l’une des communes les plus importantes, mais également l’une des plus défavorisées de Mayotte. Le petit garçon a d’abord été transporté à l’hôpital de Mamoudzou (Grande Terre) avant d’être évacué vers La Réunion.
Les faits se sont produits lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants à l’issue d’une nouvelle manifestation contre la vie chère. C’est le premier incident grave depuis le début du conflit, il y a une dizaine de jours. Une intersyndicale avait alors lancé un mot d’ordre de grève générale contre la vie chère. La revendication principale porte sur une baisse significative de dix produits de base, alimentaires ou non.
Les manifestations ont rapidement débouché sur des affrontements entre une partie des manifestants et les forces de l’ordre. La situation très tendue a engendré la quasi-paralysie de l’île. Des nouvelles négociations entre l’intersyndicale, le patronat et les représentants de la grande distribution, sous l’égide du préfet, a débuté samedi après-midi à 15 heures. Un premier protocole d’accord rédigé vendredi et portant sur la baisse d’un certain nombre de produits a été refusé par la population. Le mouvement de grève se poursuit donc.
Nos peines
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