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Jugement sans concession d’un syndicaliste candidat aux élections sénatoriales
14 septembre 2023, par

« Mayotte croule sous la corruption et l’État laisse faire », ce sont les propos tenus par Salim Nahouda, ancien secrétaire général du syndicat CGTM et candidat aux élections sénatoriales. Tenus sur la chaîne publique Mayotte Première, ces propos montrent l’ampleur de la crise dans l’île aux Parfums, et souligne que la corruption est une explication à cette crise plus plausible que les soi-disant migrants clandestins.
L’aventure comorienne d’un gouvernement français commencée en 1975 continue d’alimenter la crise à Mayotte. C’est en effet la première conclusion des propos tenus sur les ondes du service public audiovisuel par un syndicaliste, candidat aux élections sénatoriales. « Mayotte croule sous la corruption et l’État laisse faire », affirme Salim Nahouda, ancien secrétaire général du syndicat CGTM. Or l’État, c’est clairement Paris.
Dans cet état de corruption, le syndicaliste met en garde contre l’idée d’une zone franche globale à Mayotte. Ceci entraînera une fuite des richesses qui pourraient être créées par les travailleurs des entreprises de cette zone franche.
Par ailleurs, Salim Nahouda note qu’il existe des « zones économiques réunionnaises » à Kaweni et Longoni, les deux principaux pôles économiques de Mayotte.
L’argent public transféré par la France à Mayotte n’a pas encore permis la création d’une société de consommation généralisée comme à La Réunion, avec une population pour moitié au chômage mais disposant d’un pouvoir d’achat sans équivalent à des milliers de kilomètres à la ronde.
Mais comme chacun peut le voir à La Réunion, il ne fait guère de doute que quand les transferts publics venus de France augmenteront significativement, le capitalisme mauricien ne manquera pas de venir s’installer pour ramasser l’argent de Paris à la place des capitalistes réunionnais.
En tout état de cause, les propos affirmant que « Mayotte croule sous la corruption et l’État laisse faire » donnent un point de vue bien différent de la propagande habituellement diffusée pour expliquer la crise sociale, économique, environnementale et politique dans cette île de l’archipel des Comores.
Le candidat aux sénatoriales ne rejette pas la faute sur une soi-disant population de travailleurs immigrés clandestins utilisés comme bouc-émissaire par les principaux bénéficiaires de l’administration française de Mayotte.
Selon le syndicaliste candidat aux sénatoriales, le principal problème est donc la corruption. Faut-il voir le lien entre la corruption et les sommes considérables que Paris envoie à Mayotte pour tenter d’acheter la paix sociale dans cet îlot stratégique à l’entrée du Canal du Mozambique, au coeur d’une zone supposée riche en gaz naturel ?
En tout état de cause, il importe à Paris, directement accusé, d’agir pour répondre à cette accusation de fermer les yeux devant une société minée par la corruption.
M.M.
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