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9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Nouvelle illustration d’une réalité : Mayotte ce n’est pas la France
9 octobre 2023, par

L’importation du modèle français de consommation de l’eau dans un pays tropical comme La Réunion conduit à ceci : 180 litres d’eau potable par jour par habitant. Ceci montre l’impossibilité pour Mayotte d’importer ce modèle car la ressource en eau n’est tout simplement pas suffisante. Pour La Réunion notamment, un autre modèle est possible, il existe dans les îles de l’archipel des Comores qui ne sont pas administrées par la France : récupérer l’eau de pluie gratuite pour les besoins de la famille
A La Réunion, la consommation moyenne par jour d’eau potable est de 180 litres par habitants. Les usagers paient leur consommation plus l’eau perdue dans les canalisations d’une part, et d’autres part l’assainissement des 180 litres d’eau potable par habitant et par jour qui partent dans l’égout avant d’être traités par une station d’épuration.
La production d’eau potable et l’assainissement sont une manne considérable pour des entreprises principalement étrangères à La Réunion : les bénéfices sont rapatriés en France. S’il est possible qu’en moyenne, un Réunionnais consomme 180 litres d’eau par jour, c’est parce qu’à La Réunion, plusieurs points d’eau potable existent dans chaque logement. Ils se trouvent généralement ici : cuisine, salle de bains, toilettes. L’eau potable est également utilisée pour remplir les piscines chez les riches, et aussi pour nettoyer la cour, laver les voitures, arroser le jardin… tout ceci parce qu’à La Réunion, il n’est plus nécessaire d’aller à la fontaine publique chercher l’eau dans des jerricans portés sur le dos. Donc les Réunionnais paient un service qui ne leur demande aucun effort physique.
La crise de l’eau à Mayotte montre l’impossibilité de dupliquer ce modèle dans cette île sous administration française. 180 litres d’eau par personne avec une population officielle de 250.000 habitants, cela donnerait une consommation journalière de 45.000 mètres cubes.
« Zinfos 974 » explique que pour la Préfecture, la consommation journalière de Mayotte est de 42.000 mètres cubes en temps normal, et que les restrictions ont pour but de la limiter à 22.000 mètres cubes. Or, malgré des coupures deux jours sur trois, elle est de 27.000 mètres cubes.
Il est clair que la population de Mayotte va continuer à augmenter. L’ONU prévoit 410.000 habitants en 2050. Avec le changement climatique et la tendance à la sécheresse, les ressources en eau de Mayotte ne pourront que diminuer. Or, avec 180 litres d’eau par jour et par personne, les besoins quotidiens s’élèveraient alors pour Mayotte à 73.800 mètres cubes par jour, soit plus de trois fois l’objectif de consommation fixé par l’État en cette période d’étiage.
Ceci montre bien que l’eau du robinet pour tous comme en France est impossible à Mayotte dans les conditions actuelles, et encore plus dans le futur. A moins que, comme le suggèrent quelques uns, ce soit de l’eau de mer qui soit transformée en eau potable pour servir notamment à évacuer les déchets de la digestion des êtres humains. La facture énergétique serait bien sûr d’un autre ordre… les Mahorais pourraient-ils payer ? Quel serait également l’empreinte carbone d’un tel modèle ?
Ce qui se passe à Mayotte doit faire réfléchir à La Réunion. Là bas, le modèle de consommation de l’eau importé de France est inapplicable car la ressource n’est pas suffisante.
A La Réunion, elle l’est encore pour le moment. Mais avec le changement climatique qui tend à faire de la sécheresse la norme, il sera nécessaire là aussi de réfléchir au modèle de consommation de l’eau. Celui importé de France sera-t-il tenable sur le long terme compte tenu notamment des besoins en eau pour aller vers la souveraineté alimentaire de La Réunion ?
Il est révélateur de constater que les îles voisines de Mayotte subissent la même sécheresse, mais qu’il n’y a pas de coupure d’eau deux jours sur trois. De nombreuses maisons sont notamment équipées de réservoirs alimentés par l’eau de pluie. En plus, cette eau est gratuite. Il suffit de la puiser dans le réservoir et de la faire bouillir pour la rendre potable pour les besoins alimentaires. Bien entendu, cette eau de pluie n’est pas gaspillée pour remplir des piscines individuelles.
N’est-ce pas aux Comores que se trouve le modèle le plus adapté pour La Réunion ?
M.M.
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