Mayotte

Mayotte : la sur-rémunération tire la croissance

Résultat d’une étude de l’INSEE sur le PIB en 2014

Témoignages.re / 28 octobre 2017

En 2014, le PIB mahorais s’établit à 2 milliards d’euros, soit une hausse de 10,5 % en un an en valeur. Le pouvoir d’achat individuel augmente de 5 % en volume en un an pour la deuxième année consécutive. La hausse des rémunérations dans la fonction publique explique largement la hausse du revenu disponible des ménages. Voici les explications de l’INSEE.

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En 2014, le produit intérieur brut (PIB) mahorais s’établit à 2 milliards d’euros. Il augmente donc de 10,5 % en un an en valeur. Le PIB par habitant progresse quant à lui de 7,6 % en un an et atteint désormais 8 980 euros.

Conséquence d’une plus grande richesse produite, le revenu disponible brut (RDB) des ménages après redistribution croît de 9 % en 2014 et s’élève à 1 420 millions d’euros. Par habitant, le RDB passe de 6 000 euros en 2013 à 6 350 euros en 2014. Compte tenu de la hausse des prix à la consommation (+ 0,9 %), le pouvoir d’achat individuel moyen augmente de 5,3 % en un an, comme en 2013. Le niveau de vie moyen par habitant progresse donc à Mayotte.

Forte hausse des rémunérations dans la fonction publique

Constituant la plus grande part du RDB, les rémunérations des ménages augmentent de 9 % en 2014. La hausse des rémunérations dans les administrations explique 70 % de cette augmentation, portée par le recrutement d’agents supplémentaires et la mise en place de l’indexation. L’effet positif de l’indexation sur l’évolution du PIB continuera jusqu’à la fin de sa mise en place en 2017.

En parallèle, la mise en place progressive des minima sociaux soutient la hausse des prestations sociales. En 2014, le montant du RSA a été revalorisé pour atteindre 50 % du niveau national, tandis que le nombre de bénéficiaires augmente de 44 %. Aussi, les prestations sociales augmentent de 15 % et représentent désormais presque 10 % du RDB, très loin néanmoins de la part mesurée au niveau national (35 %).

Les impôts directs (impôt sur le revenu, taxe foncière, taxe d’habitation) ont augmenté d’un quart, modérant ainsi la hausse du RDB. Cette augmentation d’impôts est due à la mise en place des impôts locaux, tandis que l’impôt sur le revenu des ménages a diminué en 2014. Les impôts représentent cependant moins de 3 % du RDB contre 16 % au niveau national.

Consommation des ménages et des administrations publiques, moteurs de la croissance

La consommation des ménages explique 40 % de la hausse du PIB. Elle progresse de + 9 %, portée par l’augmentation du revenu disponible. En 2014, elle s’élève à 1 045 millions d’euros. Elle représente ainsi 50 % du PIB, soit une part proche de celle observée au niveau national (53 %).

La consommation des administrations publiques contribue à plus du tiers de la hausse du PIB mahorais. Elle correspond aux services fournis par les administrations (éducation et santé notamment). Elle s’élève à 1 206 millions d’euros en 2014 (+ 7 %). Elle représente 58 % du PIB en 2014, plus du double de ce qui est observé au niveau national (24 %).

L’investissement augmente de 53 millions d’euros en 2014 (soit + 17 %) et s’établit à 376 millions d’euros. Sa part dans le PIB (18 %) continue de s’accroître et se rapproche des standards nationaux (22 %).

Fortement négatif du fait de la dépendance de Mayotte aux importations et d’exportations très limitées, le solde du commerce extérieur reste stable à -540 millions d’euros.