Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
La Fondation pour le Logement des Défavorisés alerte sur l’urgence de sécuriser les sinistrés oubliés
10 décembre 2025

Un an après le cyclone Chido, les Mahorais les plus précaires vivent encore dans des logements endommagés ou insalubres, faute de réponses institutionnelles suffisantes. La Fondation pour le Logement des Défavorisés alerte sur l’urgence de sécuriser les sinistrés oubliés et de refonder enfin une politique ambitieuse : amélioration de l’habitat, construction de logements très sociaux, encadrement des loyers et transformation des bidonvilles.
Un an après le passage du cyclone Chido, la Fondation pour le Logement des Défavorisés (ex–Fondation Abbé Pierre) publie un éclairage inédit sur les conditions d’habitat à Mayotte et sur le vécu des habitants pendant et après la catastrophe. À travers ce travail, elle alerte sur les défaillances structurelles du territoire et propose des mesures pour faire du droit au logement une véritable priorité politique.
Car si Chido a frappé durement l’île, il n’a fait que révéler une réalité déjà alarmante. En 2017, sur les 73 880 logements recensés, près de quatre sur dix étaient construits en tôle, y compris hors des bidonvilles. Près d’un tiers n’avaient pas accès à l’eau courante et 10 % n’étaient pas raccordés à l’électricité. La fragilité généralisée du bâti, souvent non assuré et mal encadré, a laissé le territoire particulièrement vulnérable : 60 % des constructions ont été endommagées ou détruites, et plus des deux tiers des immeubles collectifs ont subi des dégâts.
Face à cette situation, l’aide institutionnelle a surtout ciblé les habitants assurés et en situation régulière, laissant de côté les plus précaires. « Avec la saison des pluies qui arrive, j’avais peur que ce soit à nouveau inondé », témoigne une habitante, contrainte de financer seule une dalle pour protéger sa case agrandie. Des milliers de ménages sinistrés vivent encore aujourd’hui sans logement digne, alors que la nouvelle saison cyclonique a déjà commencé.
La loi de refondation de Mayotte, adoptée en août 2025, prévoit 200 millions d’euros sur quatre ans pour l’aménagement, la résorption de l’habitat insalubre et la construction de 24 000 logements. Mais elle reste floue sur la part destinée au logement social, sur la localisation des projets et sur le calendrier réel des opérations. Pour Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation, « le temps est venu d’agir rapidement, concrètement et durablement en donnant la priorité aux ménages les plus précaires ».
Cette action doit être globale : sécuriser les sinistrés oubliés depuis un an, améliorer massivement le parc privé, produire des logements très sociaux, réguler les loyers et transformer les bidonvilles en quartiers aménagés avec et par leurs habitants.
Enfin, la Fondation rappelle une injustice persistante : les prestations sociales et familiales – RSA, AAH, Smic – restent plus faibles ou plus restrictives qu’en France, empêchant de nombreux ménages d’accéder à un logement digne. L’ordonnance promise pour 2026, censée rapprocher progressivement la législation sociale mahoraise de celle de la France, demeure encore une perspective incertaine.
Pour sortir durablement de la spirale de la précarité et des crises récurrentes, la puissance publique doit se donner les moyens d’appliquer effectivement le droit au logement, en associant l’ensemble des acteurs du territoire. À Mayotte, la reconstruction ne pourra être réelle que si elle est d’abord sociale,conclut la Fondation pour le Logement des Défavorisés .
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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