Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
24 octobre 2008

Un photographe français indépendant, Vincent Nguyen, a été menotté et placé en garde-à-vue, lundi 13 octobre à Mayotte, après avoir été arrêté à bord d’un kwassa en provenance d’Anjouan. Une embarcation clandestine qu’il avait prise dans le cadre de son travail.
Photographe indépendant qui réalise actuellement un reportage sur les migrations dans l’archipel des Comores, Vincent Nguyen, qui collabore régulièrement avec le quotidien français “Libération”, a été arrêté à bord d’une embarcation clandestine en provenance d’Anjouan, lundi matin, au large des Badamiers, à Mayotte. « Je voulais faire une traversée dans le cadre de mon travail. Nous sommes partis à 4 heures du matin d’Anjouan, et avons été arrêtés par une vedette de la Police aux frontières vers 10h30 », indique-t-il. « Nous étions 10 passagers plus le passeur ».
Si « tout s’est bien passé » avec les agents de la vedette qui, selon le journaliste, « n’ont fait preuve d’aucune animosité » et lui ont même permis de prendre des photos de l’interpellation dont il était l’objet, les choses se sont corsées lors de leur arrivée au ponton de Dzaoudzi, vers 12h30. « Tous les passagers ont été amenés, non menottés. Je suis resté seul avec le passeur. Lorsque j’ai débarqué, un homme m’a signalé que j’étais placé en garde-à-vue et m’a annoncé qu’il allait me menotter. Je lui ai demandé pour quel motif. Il m’a répondu : "Pour aide à l’immigration clandestine" ». Etonné de cette méthode, M. Nguyen a demandé pour quelle raison il était menotté, ce à quoi l’officier de police lui aurait rétorqué : « On met des menottes à tous les gens qui prennent des kwassas ». « Pourtant », notait lundi après-midi le journaliste, « les passagers avec qui j’ai traversé n’ont pas été menottés. Seul le passeur l’a été »...
Officiellement placé en garde-à-vue, le journaliste a retrouvé sa liberté quelques dizaines de minutes plus tard, après que le directeur de la Police aux frontières et le Parquet en aient été informés. Il a cependant subi un interrogatoire d’une heure, « comme il s’en fait après chaque interception de kwassa dans le cadre d’une enquête judiciaire », affirme-t-on à la préfecture,
« J’ai senti que j’était présumé coupable », note cependant M. Nguyen. « L’agent qui m’a interrogé voulait savoir si j’avais payé le voyage des autres passagers. Quand j’ai expliqué que j’étais un journaliste, il a voulu me décrédibiliser, car je n’étais qu’un pigiste - je n’avais donc pas de commande d’un journal. Il a également douté de mon matériel ». Le journaliste, qui a été libéré vers 14 heures, comprend les raisons de son interrogatoire, mais pas celles de sa garde-à-vue, ni de son menottage sur la voie publique.
Du côté de la préfecture, on estime ces méthodes « normales ». « Il a été interrogé pour savoir ce qu’il faisait dans ce kwassa, comme tous les autres passagers », indique la chargée de la communication, qui regrette que le journaliste ait pris un kwassa alors qu’il avait effectué auprès de ses services une demande de prise de vue durant les patrouilles de la PAF. « On ne comprend pas bien ce qu’il faisait là », affirme-t-on. Son travail, répond-il. « Je voulais voir les deux aspects de la question », indique-t-il.
RC, Malango
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