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Le gouvernement sourd aux revendications d’un peuple
17 octobre 2011, par

C’est sous les huées de la foule que la ministre de l’Outre-mer est repartie à Paris. Cela fait bientôt un mois que les Mahorais sont en lutte, et les propositions de bons d’achat formulées par l’envoyée de Paris sont en total décalage avec les revendications de la population.
Plus de deux semaines après le début du mouvement social, Paris a envoyé un ministre à la rencontre des grévistes. Les propositions de Paris ont été jugées tellement dérisoires que la venue de Marie-Luce Penchard a ravivé la lutte. La venue d’un ministre a donné lieu à des images inhabituelles en la circonstance. La ministre a été publiquement huée, la traduction de son discours a été coupée et l’écran géant qui retransmettait le discours sur la place de la République a été déchiré.
Manifestement, Marie-Luce Penchard n’est pas repartie avec le collier de fleurs autour du cou.
L’urgence est telle et les problèmes sont tellement graves que les Mahorais se sont sentis humiliés par les propos de l’envoyée de Paris. Cette révolte se nourrit aussi de l’expérience réunionnaise. Au lieu d’être appliquée le 1er janvier 1947, l’Égalité a été obtenue 50 ans plus tard. Durant donc cinq décennies, des ministres en visite ont pu tenter de calmer les mouvements sociaux en cédant au peuple réunionnais l’application progressive de l’Égalité, mesure par mesure, alors que l’abolition du statut colonial faisait des Réunionnais des citoyens de la République à part entière.
Cela fait six mois que Mayotte a un statut de département. Ce sont donc les lois sociales existant en France qui doivent s’appliquer. Mais à ce jour, le compte est loin. Le SMIC n’existe pas, c’est un SMIG inférieur à la France. C’est la même chose pour les allocations familiales ou pour les minima sociaux. Le filet de sécurité face à la crise que les Réunionnais ont mis 50 ans à arracher, les Mahorais n’y ont pas droit.
Depuis la fin de l’année dernière, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont secoués par des révoltes. À la base, c’est l’impasse d’un modèle et le coût de la vie qui sont à l’origine des rassemblements. Devant cette situation, après le raté de la Tunisie, le chef de l’État s’est constamment mis en avant, n’hésitant pas à déclencher une guerre impliquant l’OTAN pour soutenir une révolte en Libye. Avec toutes ces gesticulations, Paris tente de masquer sa présidence ratée du G-20, car avec Nicolas Sarkozy aux commandes, la situation économique s’est aggravée, particulièrement en Europe. Paris apparaît donc en pointe dans le soutien aux révoltés du Printemps arabe, pourquoi Paris ne soutient-il pas ceux du Printemps Mahorais ?
À ce jour, les seuls actes concrets du pouvoir sont la répression. Les clés du conflit sont pourtant dans les mains du gouvernement, car en appliquant l’Égalité, il donnera un gain de pouvoir d’achat immédiat à toute la population.
Qu’attend le gouvernement pour agir dans ce sens et commencer à donner satisfaction aux révoltés du Printemps mahorais ?
M.M.
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