Face à la menace d’une crise globale à La Réunion, le silence inquiétant des élus réunionnais
28 juillet, parImpact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
Mobilisation à La Réunion
12 juin 2023

Ce samedi 10 juin matin à Saint Denis, se tenait le troisième rassemblement pour dire stop à l’opération Wuambushu qui se déroule actuellement à Mayotte.
Le 21 avril dernier, symboliquement le lendemain de la fin du Ramadan, le gouvernement français, sous la pression de quelques élus mahorais, donnait le coup d’envoi d’une vaste opération de destruction de cases et de déportation de la population. Plusieurs organismes français et comorienne, ainsi que des OGN, avaient instamment demandé à La France de renoncer à ce projet, en vain. A La Réunion, Le Mouvement Réunionnais Pour la Paix réclamait le dialogue au lieu de la violence gratuite.
L’opération a finalement bien été lancée et se maintient malgré l’amateurisme flagrant de son organisation. Depuis son lancement la situation sur place est encore plus catastrophique qu’avant. Cette opération était sensée ramener la sécurité mais les conflits et altercations publiques sont d’autant plus nombreuses, les forces de l’ordre se heurtent à une population hostile et prête à se battre. Les « décasages », quand elles ne sont pas interdits par la justice, sont empêchées par la population, et quand elles ont lieu, même ceux qui sont en situation régulière se font casser leur case. La population se retrouve dans une situation de précarité et d’insécurité encore jamais vu. Le constat est le même du côté des expulsions du pays. Si auparavant les déportations vers les Comores étaient de l’ordre de 400 par semaine, cette fois-ci le port d’Anjouan est fermé aux sans-papiers et les déportations ne peuvent plus se faire. La conséquence se fait vite sentir à Mayotte, la surpopulation carcérale explose et les agents pénitenciers se mettent en congé ou font grève pour dénoncer des conditions de travail intenables, ils demandent du renfort, qui peine à arriver. La population sous pression en vient jusqu’à bloquer le centre de santé, privant tout le monde de soin.
Devant cette situation, une cinquantaine de réunionnais, de tous horizons, citoyens, syndicats, associations, partis politiques dont le Parti Communiste Réunionnais, a défilé dans les rues de la capitale ce samedi matin. Les pas étaient rythmés au slogan : « Stop Wuambushu ! Plus jamais ça ! ». La marche a été clôturée par de nombreuses prises de paroles. Nous avons notamment pu entendre l’expression de, MZE SAID SAUD FATIMA, arrière petite-fille du sultan SAID ALI qui était déporté sur notre île dans les années 1900 jusqu’en 1912. Elle implore d’arrêter cette ignominie ains que les nombreuses atteintes faites aux comoriens qui vivent à Mayotte. Il est temps effectivement d’arrêter cette mascarade et d’ouvrir enfin le dialogue !
Correspondant.
Légende de la photo : un représentant de la communauté comorienne, Julie Pontalba, conseillère municipale, et Nathalie Ethève-Merlac, secrétaire de notre Mouvement pour la paix
Impact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
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