Sanctionner Israël

12 pays du « Sud global » instaurent une interdiction d’armes à destination d’Israël

21 juillet 2025, par temoignagesceline

Le groupe de La Haye, « Sud global », créé en janvier 2025, pour défendre et faire respecter le droit international face à « l’occupation de la Palestine », s’est réuni à Bogota en Colombie lors d’un sommet les 15 et 16 juillet.

La mesure est symbolique, mais le message est fort. À l’issue d’un sommet exceptionnel sur Gaza organisé à Bogota, en Colombie, les 15 et 16 juillet, une douzaine de pays issus du « Sud global » ont décidé d’adopter l’interdiction totale de toute fourniture d’armes ou de matériel militaire à destination d’Israël.

Un tournant politique et diplomatique, alors que la communauté internationale ne parvient toujours pas à s’accorder sur des sanctions concrètes face au génocide menée par Israël dans la bande de Gaza.

Le sommet réunissait le groupe de La Haye, créé en janvier 2025 pour défendre et faire respecter le droit international face à « l’occupation de la Palestine ». Le texte, porté par la Colombie et l’Afrique du Sud, co-présidentes du groupe, vise à « mettre fin à l’ère de l’impunité » à Gaza.

Le texte dispose notamment de l’interdiction de toute exportation, vente ou transfert d’armes, de munitions, de matériel militaire et de biens à double usage vers Israël.

Les dispositions prévoient aussi le blocage du transit, de l’accostage et de l’entretien dans les ports de tout navire soupçonné de transporter de l’armement à destination d’Israël. Les États signataires s’engagent également à refuser le recours à des fonds publics pouvant servir directement ou indirectement à l’occupation des territoires palestiniens. Enfin, ils se disent déterminés à demander des comptes à Israël face aux « crimes graves » commis sur le territoire palestinien.

Parmi les signataires figurent environ la moitié des 30 participants au sommet, notamment la Bolivie, Cuba, l’Indonésie, l’Irak, la Libye, la Malaisie, la Namibie, le Nicaragua, Oman et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Toutefois, ces pays ne sont pas des fournisseurs majeurs d’armes à Israël.

La portée immédiate de cette décision reste assez limitée mais elle montre le soutien de ces 12 pays au peuple palestinien. D’autant plus que les signataires veulent passer « au-delà du simple discours » et adresser un message de fermeté en soutien au peuple palestinien.

Ils fondent leur position sur l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice le 19 juillet 2024, qui a établi que l’occupation israélienne viole les normes essentielles du droit international. Cet arrêt exhorte les États à ne pas soutenir cette situation illégale et ouvre la voie à la mise en œuvre de sanctions dans le cadre de leur droit national.

Aux côtés du président Gustavo Petro et du ministre sud-africain Ronald Lamola qui ont présidé l’événement, la rapporteuse spéciale des Nations Unies Francesca Albanese a pris la parole tout au long du sommet, dénonçant la paralysie mondiale face aux massacres à Gaza.

Pour elle, « éviter de qualifier de génocide » la situation actuelle représente « une posture politique », a-t-elle déclaré. À ce jour, au moins 58.000 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées à Gaza selon des données du ministère de la Santé palestinien, jugées fiables par l’ONU.

De son côté, le mouvement de résistance palestinien Hamas a salué cet accord international historique conclu en Colombie en présence des représentants de plus de 20 pays réunis pour coordonner une réponse juridique et diplomatique aux violations israéliennes croissantes à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Dans son communiqué, le Hamas a salué cet accord qui prévoit des mesures concrètes — notamment la suspension des transferts d’armes vers Israël, la révision des traités bilatéraux, et l’ouverture d’enquêtes internationales sur les crimes de guerre présumés — le qualifiant de prise de position courageuse contre le siège et les atrocités subies par la population de Gaza.

« Il s’agit d’une expression vivante de l’indignation mondiale, alors que la crise humanitaire à Gaza atteint un niveau insupportable, marqué par des massacres, la famine de masse et la privation systématique des besoins de base », a déclaré le groupe.

Le Hamas a appelé la communauté internationale à s’appuyer sur cette dynamique pour « isoler l’occupant, dénoncer ses crimes, et imposer davantage de sanctions afin de stopper le génocide et protéger les civils innocents ».


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