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7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Drame dans notre région relaté par ’l’Humanité’
6 janvier 2006

Une partie du pays est frappée par la sécheresse. En déclarant la situation de ’catastrophe nationale’, Nairobi a lancé un appel à l’aide internationale.
"Catastrophe nationale". C’est avec gravité que le président du Kenya, Mwai Kibaki, a évoqué la sécheresse qui frappe le Nord-Est et les régions côtières de son pays, lors de la présentation de ses voeux à la nation. "Je déclare la famine, catastrophe nationale", a-t-il annoncé. C’est la première fois que le président kenyan utilisait le terme de famine pour désigner la situation qui prévaut dans certaines régions du pays. En la qualifiant officiellement de "catastrophe nationale", il se donne les moyens "d’une intervention adéquate sur le terrain". Une décision saluée par la Croix-Rouge. "C’est un geste sage du gouvernement car il ouvre la possibilité d’utiliser toutes les ressources disponibles", a expliqué à l’AFP Farid Abdulkadir, le responsable de à la Croix-Rouge kenyane qui coordonne la distribution de l’aide alimentaire.
Agir vite
Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), environ 2,5 millions de personnes sont menacées par cette famine dans les 6 mois à venir. Pour l’instant, au moins 20 personnes et des centaines de têtes de bétail sont mortes de faim ou de maladies liées à la faim. Au moins 8 enfants sont morts à l’hôpital provincial de Garrisa et 12 dans des régions périphériques. "Il y a un accroissement de la malnutrition", a estimé le médecin chef de l’hôpital de Garrisa, soulignant que "sur les 60 patients séjournant dans l’établissement, 21 souffraient de malnutrition". Un bilan qui devrait s’alourdir car de nombreux décès parmi les populations pastorales n’ont pu être recensés.
"Je crains que des communautés entières qui dépendent exclusivement de leur cheptel disparaissent de la carte", s’est alarmé le responsable de la Croix-Rouge kenyane, qualifiant les conditions de "particulièrement horribles". "Plus de la moitié de la population kenyane doit faire face à la sécheresse et 2,5 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Si rien n’est fait urgemment, la situation deviendra bientôt incontrôlable", a-t-il prévenu.
Trois saisons sèches
Afin d’agir au plus vite, le président Mwai Kibaki a lancé un appel à la solidarité internationale. L’aide alimentaire nécessaire est estimée à 152 millions de dollars (128 millions d’euros). Le gouvernement kenyan a débloqué 40 millions de dollars (33,6 millions d’euros) : il lui faut donc trouver 100 millions de dollars.
Le Kenya a assez de maïs et de haricots mais manque de produits comme du lait en poudre, des suppléments nutritionnels et du fourrage. L’armée achemine actuellement 7,5 millions de sacs de maïs, 2,5 millions de sacs de haricots et de la nourriture pour le bétail dans les 17 districts touchés par la sécheresse.
C’est la 3ème saison d’affilée que les pluies sont insuffisantes au Kenya. Et cela ne devrait pas s’améliorer. "Le temps sec devrait se poursuivre", a estimé le représentant au Kenya du Fonds des Nations-unies pour l’enfance (UNICEF), Heimo Laakkonen, dans un communiqué. "Il est impératif que les partenaires et le gouvernement agissent rapidement", a-t-il ajouté. Si elle a lieu, la prochaine saison des pluies n’est prévue que pour le mois de mars.
Famines dans notre région
Dans les pays du Sud-Est africain, environ 12 millions de personnes sont dans une situation de vulnérabilité alimentaire, a décompté fin décembre l’agence d’information du bureau des Nations-unies pour les affaires humanitaires (OCHA).
Au Malawi, par exemple, le taux d’admission d’enfants sévèrement mal nourris est de 4% supérieur à celui de l’année précédente.
Il atteint respectivement 5% et 9% dans les régions les plus touchées du Zimbabwe et du Mozambique.
La corne de l’Afrique n’est pas épargnée puisque selon l’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation (FAO), 2 millions de Somaliens sont menacés par la famine. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a cette année aidé 43 millions d’Africains à se nourrir, soit 2 fois plus qu’en 1995.
Source : l’Humanité
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