Monde

2018, année noire pour les palestiniens

Témoignages.re / 9 janvier 2019

295 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie et à Gaza, et plus de 29 000 blessés en 2018 par les forces israéliennes, d’après un groupe de suivi de l’ONU.

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"Il s’agit du plus grand nombre de morts en un an depuis le conflit de Gaza en 2014 et du plus grand nombre de blessés enregistrés depuis qu’OCHA a commencé à documenter les victimes dans les territoires palestiniens occupés en 2005", le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCAH) des Nations Unies dans les territoires palestiniens occupés.

Environ 61% des victimes (180 personnes) et 79% des blessés (plus de 23 000) étaient dans le contexte des manifestations de la Grande Marche du Retour à Gaza. Sur le territoire palestinien occupé, 57 des Palestiniens tués et environ 7 000 blessés avaient moins de 18 ans.

Au moins 28 des Palestiniens tués par les forces israéliennes en 2018 appartenaient à des groupes armés à Gaza et 15 autres étaient des auteurs présumés d’attaques contre des Israéliens en Cisjordanie.

Côté israéliens, 14 personnes ont été tués au cours de l’année par des Palestiniens et au moins 137 autres ont été blessés . Alors que le nombre de décès est presque identique à celui de 2017 (15 personnes), la proportion de civils parmi ces décès (50%) a augmenté par rapport à l’année précédente (27%).

Les colons de plus en plus violents

En 2018, l’OCHA a enregistré 265 incidents dans lesquels des colons israéliens ont tué ou blessé des Palestiniens ou endommagé des biens appartenant à des Palestiniens. Cela représente représente une augmentation de 69% par rapport à 2017. Les biens palestiniens vandalisés par les colons comprennent quelque 7 900 arbres et environ 540 véhicules.

Il y a eu au moins 181 incidents au cours desquels des Palestiniens ont tué ou blessé des colons et d’autres civils israéliens en Cisjordanie ou endommagé des propriétés israéliennes. Soit une baisse de 28% par rapport à l’année précédente, mais les 7 Israéliens tués dans ces incidents en 2018 a augmenté par rapport à 2017, où seulement 4 israéliens ont perdu la vie.

L’an dernier, les autorités israéliennes ont démoli ou saisi 459 bâtiments palestiniens en Cisjordanie, principalement dans la zone C et à Jérusalem-Est, essentiellement en raison du manque de permis de construire délivrés par Israël. Or, selon les Nations Unies, il est presque impossible d’obtenir un permis de construire pour les palestiniens.

Ces incidents ont déplacé 472 Palestiniens, dont 216 enfants et 127 femmes, soit le chiffre le plus bas depuis qu’OCHA a commencé à enregistrer systématiquement les démolitions en 2009. Il a été dénombre dans la seule zone C, plus de 13 000 ordonnances de démolition sont en attente, dont 40 contre des écoles.

La Grande Marche sanglante du Retour

D’après Chronique de Palestine, plus de 60% des morts et près de 80% des cas de blessures ont eu lieu dans le contexte de la Grande Marche du Retour. Il s’agit de la période de protestations de masse qui se tiennent régulièrement dans les parties Est et Nord de la Bande de Gaza depuis le 30 mars 2018.

Pour le ministère de la santé de Gaza, environ 14 000 personnes ont été hospitalisées pour des blessures subies pendant les protestations, alors que 12 000 autres ont été traitées sur place dans des cliniques de campagne.

Plus de 6000 Palestiniens ont été blessés par balles réelles lors de la Grande Marche du Retour. Les manifestations demandent la fin du blocus de Gaza, mit en place depuis 11 ans, et exigent l’application de leur droit au retour sur les terres dont leurs parents ont été expulsés avant, pendant et après la fondation d’Israël en 1948.

Ce contexte déplorable s’ajoute une situation sociale de plus en plus difficile. Environ 1,3 million de personnes à Gaza, soit 68% de la population, étaient en situation d’insécurité alimentaire en 2018, principalement en raison de la pauvreté et du chômage (53%).

"Alors que les besoins humanitaires dans le territoire palestinien occupé ont augmenté en 2018, les niveaux de financement pour les interventions humanitaires a considérablement diminué : seulement 221 millions de dollars ont été reçus, contre les 540 millions de dollars demandés dans le plan d’intervention humanitaire de 2018", a déploré l’OCHA.