Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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F.A.O.
L’aide n’est pas suffisante
5 août 2003

Malgré de meilleures récoltes, plus de 6,5 millions de personnes en Afrique australe ont encore besoin d’aide agricole : la reprise de l’agriculture demeure fragile, le VIH/SIDA a un impact dévastateur sur la production agricole. La FAO lance un appel de 43 millions de dollars.
Malgré de meilleures récoltes et une plus grande disponibilité de la nourriture, la reprise du secteur agricole en Afrique australe reste très fragile et plusieurs communautés rurales ont encore besoin d’aide agricole d’urgence pour les 12 prochains mois, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Associée à un appel inter agences des Nations Unies, la FAO recherche 43 millions de dollars pour sauver et améliorer les vies de plus de 6,5 millions de personnes, dont beaucoup sont sévèrement touchées par la pandémie de VIH/SIDA.
« Grâce à de meilleures conditions météorologiques et la distribution d’intrants agricoles tels que des fertilisants et des semences, la production agricole s’est améliorée dans certaines zones », a déclaré Anne Bauer, directrice de la Division des opérations d’urgence et de la réhabilitation de la FAO. « Mais le pire n’est pas derrière nous. De nombreuses familles rurales parmi les plus vulnérables dépendent toujours de l’aide internationale pour leur survie immédiate dans les mois à venir ».
« L’impact du VIH/SIDA sur la production agricole est dévastateur », selon Anne Bauer. « La pandémie conduit des communautés entières à des niveaux de dénuement et de misère desquels ils ne pourront échapper sans aide. Plusieurs personnes dépendent de l’agriculture pour vivre. Nous devons cibler et aider ces personnes pour s’assurer qu’elles poursuivent et adaptent leurs activités agricoles malgré leur situation ».
Selon la FAO, les récoltes ont été meilleures en 2003 comparées aux années précédentes dans certains pays, mais la production agricole reste en dessous de la moyenne de ces cinq dernières années. La région demeure très vulnérable et la situation est critique au Zimbabwe et dans certaines zones du sud du Mozambique.
La crise en Afrique australe a été exacerbée par la sécheresse, de mauvaises conditions économiques, une augmentation de la pauvreté chronique et l’interruption des activités d’agriculture commerciale au Zimbabwe, selon la FAO.
En outre, les variations climatiques, la dégradation du sol, une maîtrise de l’eau inefficace, des techniques agricoles inadéquates, la réduction des conseils techniques, de mauvaises infrastructures, les barrières commerciales et la mortalité causée par le SIDA continuent d’affaiblir la production agricole et les revenus tirés de l’agriculture. Si un parent tombe malade ou meurt, la responsabilité de cultiver revient aux enfants, aux orphelins et aux personnes âgées.
Le bétail est anéanti dans plusieurs zones, notamment au Mozambique, en Zambie ou au Zimbabwe en raison de la maladie et de la situation socio-économique, a déclaré l’agence des Nations Unies. La FAO travaille actuellement avec les vétérinaires de la Communauté de Développement de l’Afrique australe (SADC), pour estimer l’importance des mesures d’intervention nécessaires contre les maladies transfrontières du bétail telles que la fièvre aphteuse et la pleuro-pneumonie contagieuse des bovins.
Avec des programmes menés au Lesotho, Malawi, Swaziland, Zambie et Zimbabwe, la FAO soutient l’accroissement de la production et des revenus agricoles, la diversification des activités de production et des variétés de semences, la promotion de pratiques à faible coefficient de main d’œuvre pour améliorer la nutrition et la résistance aux sécheresses et atténuer l’impact du SIDA. Les actions se concentreront sur les plus vulnérables, aux premiers rangs desquels les femmes, les jeunes et les orphelins. La FAO collaborera étroitement avec les autres agences des Nations Unies ainsi que les organisations gouvernementales et non gouvernementales.
L’Afrique australe a le plus fort taux de VIH/SIDA dans le monde avec jusqu’à 33% de la population adulte séropositive. On estime que 15 millions de personnes, parmi lesquelles 58% sont des femmes, sont atteintes du SIDA dans six pays et tout porte à croire que ces taux n’ont pas encore atteint leurs sommets. En 2001, 500 000 personnes sont mortes de maladies liées au SIDA dans la région, laissant 2,5 millions d’orphelins.
La FAO a développé des stratégies agricoles pour réduire la charge de travail des foyers affectés par le SIDA. Elles comprennent des pratiques à faible coefficient de main d’œuvre, un volet formation pour exercer des activités générant des revenus, des petits réseaux d’irrigation, la diversification des cultures et la cueillette d’hiver. Feront également partie du programme la promotion de cultures résistantes à la sécheresse, les élevages avicoles à petite échelle, les techniques de gestion du sol et les jardins scolaires.
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