Monde

50 vérités sur Ernesto « Che » Guevara -4-

Un article de Salim Lamrani

Salim Lamrani / 23 juin 2017

Le « guérillero héroïque » cubano-argentin perdure dans la mémoire collective comme symbole de résistance à l’oppression.

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Durant les premiers mois de 1959, Guevara est chargé des tribunaux révolutionnaires qui jugent les crimes commis durant la dictature militaire. Près de 1 000 personnes passent la « justice expéditive » et près de 500 sont fusillées. En guise de comparaison, lors de l’Epuration survenue en France à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, plus d’un million de personnes furent arrêtées et près de 100 000 furent condamnées. Il y eut près de 10 000 exécutions, dont 9 000 extrajudiciaires.

En février 1959, Ernesto Guevara est déclaré citoyen cubain de naissance par le Président Manuel Urrutia pour services rendus à la nation.

Guevara joue un rôle-clé dans la création de l’Institut national de réforme agraire et l’élaboration de la loi de Réforme agraire promulguée en mai 1959. Selon lui, « le guérillero est d’abord et avant tout un révolutionnaire agraire. Il interprète les souhaits de la grande masse paysanne de posséder la terre, les moyens de production, les animaux et tout ce pour quoi elle a lutté pendant des années ».

En 1959, Guevara est nommé Ministre de l’Industrie puis Président de la Banque nationale et signe les billets de son surnom « Che », pour illustrer son mépris pour l’argent et les richesses matérielles. Il procède à la nationalisation des secteurs stratégiques de l’économie du pays.

En 1960, lors du Premier Congrès des jeunesses latino-américaines, Guevara développe le concept de « l’homme nouveau socialiste » qui privilégierait l’intérêt général aux aspirations personnelles. Il met en avant l’importance du travail volontaire, « une école qui développe la conscience », et donne l’exemple tous les weekends en travaillant bénévolement dans les usines, les champs de canne et les ports. Il entreprend également une tournée dans le bloc socialiste et en Chine et signe de nombreux accords commerciaux.

Farouche détracteur de la coexistence pacifique mise en place par les Etats-Unis et l’Union soviétique suite à la crise des missiles d’octobre 1962, Guevara multiplie l’aide aux mouvements révolutionnaires en Amérique latine et dans le monde au nom de la solidarité internationaliste. Son rêve est de déclencher une guerre insurrectionnelle en Argentine.

À suivre

Salim Lamrani

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Fidel Castro, héros des déshérités (Paris, Editions Estrella, 2016) et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

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