Monde

50 vérités sur les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba -3-

Article de Salim Lamrani publié dans l’Humanité du 5 novembre

Salim Lamrani / 9 novembre 2018

Pour la vingtième-septième année consécutive, l’Assemblée générale des Nations unies a unanimement condamné l’état de siège imposé par Washington à la population cubaine.

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31. Les sanctions économiques ont un impact dramatique dans le domaine de la santé. En effet, près de 80 % des brevets déposés dans le secteur médical sont du fait des multinationales pharmaceutiques étasuniennes et de leurs filiales, et Cuba ne peut pas y avoir accès. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies souligne que « les restrictions imposées par l’embargo ont contribué à priver Cuba d’un accès vital aux médicaments, aux nouvelles technologies médicales et scientifiques ».

32. Le 3 février 2006, une délégation de seize fonctionnaires cubains, réunie avec un groupe de chefs d’entreprise étasuniens, a été expulsée de l’hôtel Sheraton María Isabel de la capitale mexicaine, en violation de la loi mexicaine qui interdit tout type de discrimination en raison de l’origine ou de la race.

33. En 2006, l’entreprise japonaise Nikon a refusé de remettre le premier prix – un appareil photographique – à Raysel Sosa Rojas, un jeune garçon de 13 ans souffrant d’hémophilie héréditaire incurable qui avait remporté le XVe concours international de dessin d’enfant du Programme des Nations unies pour l’environnement. La multinationale nippone a expliqué que l’appareil numérique ne pouvait être remis au jeune Cubain car il contenait des composants étasuniens.

34. En 2007, la banque autrichienne Bawag, rachetée par un fond étasunien, a fermé tous les comptes tenus par près d’une centaine de clients d’origine cubaine résidant dans la république alpine, appliquant ainsi de manière extraterritoriale la législation étasunienne dans un pays tiers.

35. En 2007, la banque Barclays a ordonné à ses filiales de Londres de fermer les comptes de deux entreprises cubaines : Havana International Bank et Cubanacán, suite aux pressions exercées par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control, OFAC) du Département du Trésor.

36. En juillet 2007, la compagnie aérienne espagnole Hola Airlines, qui disposait d’un contrat avec le gouvernement cubain pour transporter les patients atteints de maladies oculaires dans le cadre de l’Opération Milagro, a dû mettre un terme à ses relations avec Cuba. En effet, lorsqu’elle a sollicité le fabricant étasunien Boeing pour effectuer des réparations sur un appareil, ce dernier a exigé comme condition préalable que Hola Airlines rompe ses relations avec l’île des Caraïbes, précisant que la directive émanait du gouvernement des États-Unis.

37. Le 16 décembre 2009, le Crédit Suisse a reçu une amende de 536 millions de dollars de la part du Département du Trésor pour avoir effectué des transactions financières en dollars avec Cuba.

38. En juin 2012, la Banque néerlandaise ING s’est vue infliger la plus importante sanction jamais dictée depuis le début de l’état de siège économique contre Cuba. Le Bureau de contrôle des biens étrangers (OFAC) du Département du Trésor a sanctionné l’institution financière d’une amende de 619 millions de dollars pour avoir effectué, entre autres, des transactions en dollars avec Cuba, à travers le système financier étasunien.

39. Les touristes étasuniens peuvent se rendre en voyage en Chine, principal rival économique et politique des Etats-Unis, au Vietnam, pays contre lequel Washington a été plus de quinze ans en guerre, ou en Corée du Nord, qui possède l’arme nucléaire et qui menace d’en faire usage, mais pas à Cuba qui, dans son histoire, n’a jamais attaqué les Etats-Unis.

40. Tout citoyen étasunien qui violerait cette interdiction risque une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison et 1 million de dollars d’amende.

(à suivre)

Salim Lamrani