Monde

50 vérités sur les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba -4-

Article de Salim Lamrani publié dans l’Humanité du 5 novembre

Salim Lamrani / 10 novembre 2018

Pour la vingtième-septième année consécutive, l’Assemblée générale des Nations unies a unanimement condamné l’état de siège imposé par Washington à la population cubaine.

JPEG - 11.6 ko

41. Suite aux sollicitations de Max Baucus, sénateur du Montana, le Département du Trésor a informé avoir réalisé, entre 1990 et 2004, quatre-vingt treize investigations en rapport avec le terrorisme international. Dans le même temps, il en a effectué 10 683 « pour empêcher les Nord-américains d’exercer leur droit de voyager à Cuba ».

42. Dans un rapport, le Bureau de responsabilité gouvernementale des États-Unis (United States Government Accountability Office – GAO) note que les services douaniers(Customs and Border Protection – CBP) de Miami ont réalisé des inspections« secondaires » sur 20 % des passagers en provenance de Cuba afin de vérifier que ces derniers n’importaient pas de cigares, de l’alcool ou des produits pharmaceutiques de l’île. En revanche, la moyenne a été de 3 % seulement pour les autres voyageurs. Selon le GAO, cette focalisation sur Cuba « réduit l’aptitude des services douaniers à mener sa mission qui consiste à empêcher les terroristes, les criminels et les autres étrangers indésirables d’entrer dans le pays ».

43. Les anciens présidents James Carter et William Clinton ont exprimé à plusieurs reprises leur opposition à la politique de Washington. « Je n’ai eu de cesse de demander à la fois publiquement et en privé la fin de notre blocus économique contre le peuple cubain, la levée toutes les restrictions financières, commerciales et de voyage », a déclaré Carter après son second voyage à Cuba en mars 2011. Pour Clinton, la politique de sanctions « absurde » s’est soldée par un « échec total ».

44. La Chambre de commerce des États-Unis, représentant le monde des affaires et les plus importantes multinationales du pays, a également fait part de son opposition au maintien des sanctions économiques.

45. Le New York Times a condamné « un anachronisme de la guerre froide ».

46. Le Washington Post, pourtant d’obédience conservatrice, se montre le plus virulent à l’égard de la politique cubaine de Washington : « La politique des Etats-Unis à l’égard de Cuba est un échec […]. Rien n’a changé, excepté le fait que notre embargo nous rend plus ridicule et impuissant que jamais ».

47. L’opinion publique étasunienne est également majoritairement favorable à une normalisation des relations entre Washington et La Havane. Selon un sondage réalisé par CNN le 10 avril 2009, 64 % des citoyens étasuniens s’opposent aux sanctions économiques contre Cuba.

48. Selon l’entreprise Orbitz Worldwide, l’une des deux plus importantes agences de voyages sur Internet, 67 % des habitants des États-Unis souhaitent se rendre en vacances à Cuba et 72 % pensent que « le tourisme à Cuba aurait un impact positif sur la vie quotidienne du peuple cubain ».

49. Plus de 70 % des Cubains sont nés sous cet état de siège économique.

50. Le 1er novembre 2018, lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies, 189 pays sur 191 ont condamné pour la 27e fois consécutive les sanctions économiques imposées à Cuba.

(Fin)

Salim Lamrani