Monde

540 millions d’euros d’amende possible pour un blanchiment de 200 milliards : le paradis fiscal

Nouveau scandale dans la finance

Jean / 26 septembre 2018

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Vif émoi au Danemark, pays où la transparence est grande.

Danske Bank : un énorme scandale de blanchiment (200 milliards d’euros) fait vaciller la première banque danoise (qui encourt une amende de 540 millions d’euros ! càd 0,27% de leurs fraudes ! C’est vraiment le paradis … fiscal !) sûr et certain qu’une amende pareille est de nature à décourager tous les très honorables et honorés bandits qui, par leurs vols, mettent les honnêtes gens à genoux sous les coups des politiques d’austérité ! Et pendant ce temps-là, nos vertueux dirigeants démocrates, sociaux-démocrates et/ou xénophobes, regardent ailleurs et parfois même ont l’insolence de nous conseiller de traverser la rue pour trouver un bullshit-job !

Faisant le compte de toutes les fraudes illégales ainsi que celles qu’autorisent des lois et réglementations on se prend à rêver d’une société où l’argent irait à l’éradication de la misère [1], à l’école, la santé, la culture, la mise en œuvre de mesures réellement efficaces pour contenir puis diminuer le réchauffement climatique. 

Oui, j’ai écrit « rêver » car l’économie capitaliste ne poursuit d’autre but que d’amasser toujours et encore des milliards en pillant la planète et désespérant les gens. Et comme si cela ne suffisait déjà pas à notre malheur, voilà qu’au lieu d’unir nos forces pour lutter, nous ne trouvons rien de plus urgent à faire que nous dresser les uns contre les autres ! 

Jean


« Danske Bank est incapable d’estimer précisément les transactions suspectes ayant transité par sa filiale estonienne, qui pourraient avoisiner les 200 milliards d’euros, pour le compte de clients russes notamment. Le directeur général, Thomas Borgen, a démissionné sans être directement impliqué dans cette affaire.
L’affaire n’a cessé d’enfler depuis qu’elle a éclaté au grand jour cet été et que le parquet danois a ouvert en août une enquête criminelle visant Danske Bank, accusée de blanchiment d’argent à travers sa filiale estonienne, pour des montants astronomiques. La position du directeur général de la première banque danoise, qui emploie plus de 20.000 personnes, était devenue intenable, alors que les autorités américaines s’intéressent également au dossier.
La banque a publié ce mercredi 19 septembre un rapport d’enquête sur l’affaire, réalisé par un cabinet d’avocats, qui conclut que le patron, le président et le conseil d’administration n’ont « pas enfreint leurs obligations légales envers Danske Bank ». Le directeur général reste en poste le temps de trouver un remplaçant.
Surtout, la banque danoise reconnaît qu’elle n’est « pas en mesure de fournir une estimation précise du montant des transactions suspectes », qui concerne le portefeuille de plusieurs milliers de clients non-résidents, notamment de Russie, d’Azerbaïdjan et d’Ukraine, des comptes fermés en 2015-2016. L’enquête a pourtant couvert 15.000 clients et 9,5 millions de paiements, plus de 12.000 documents et plus de 8 millions d’emails !
« Au cours des neuf années, allant de 2007 à 2015, les flux convertis en euros des 10.000 clients non-résidents et des 15.000 clients faisant l’objet de l’enquête étaient d’environ 200 milliards d’euros », indique le rapport. « Il est attendu qu’une grande partie de ces paiements étaient suspects. »
Les montants donnent le vertige, au regard du PIB de l’Estonie, qui s’est élevé à 23 milliards d’euros l’an dernier. L’affaire a suscité l’indignation au Danemark, pays modèle en matière de transparence, au niveau de corruption parmi les plus faibles dans le monde. Dès 2017, le quotidien danois Berlingske avait affirmé que Danske Bank avait blanchi de l’ordre de 3,9 milliards de dollars via sa filiale estonienne, issue de l’acquisition de la finlandaise Sampo Bank en 2007. »

(Source « La Tribune »)

[1« Les impôts que les multinationales et les ultrariches ne paient pas doivent être compensés par plus d’impôts prélevés sur le reste de la population. Cela est non seulement injuste, mais cela contribue aussi à l’augmentation des inégalités. » (Gabriel Zucman : Le Monde 07.11.2017)