Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Progression vertigineuse des ventes des marchands d’armes en 2024
2 décembre 2025, par

Alors que les peuples manquent de médecins, d’écoles, de retraites dignes et d’emplois créateurs de revenus, l’argent public continue d’être englouti dans l’industrie de la guerre. En 2024, les ventes d’armes ont atteint un record mondial, nourries par les conflits et les tensions géopolitiques. Chaque milliard donné aux marchands d’armes est arraché aux besoins vitaux des populations. Ce choix politique alimente la pauvreté au lieu de financer le développement humain.
Les chiffres publiés par le 1er décembre le SIPRI (L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm ) sont sans équivoque : en 2024, les ventes d’armes et de services militaires des 100 plus grandes entreprises du secteur ont atteint le niveau record de 679 milliards de dollars, en hausse de 5,9 %. Une progression vertigineuse, nourrie par les guerres en Ukraine et à Gaza, par les tensions géopolitiques et par la course au réarmement engagée par les grandes puissances. Et pendant que l’industrie de la mort prospère, les peuples, eux, s’enfoncent dans une crise sociale aggravée.
Car ce qui augmente d’un côté disparaît de l’autre : chaque dollar injecté dans les missiles, les drones ou les chars est un dollar qui n’ira pas dans les hôpitaux, les universités, la recherche, les retraites ou les politiques d’emploi. La priorité donnée au militaire saigne littéralement les budgets publics, au moment même où la planète souffre d’inégalités massives et où la moitié de l’humanité dont de nombreux Réunionnais vit avec moins de dix dollars par jour.
Aux États-Unis, premier producteur mondial, les revenus des géants de l’armement ont augmenté de 3,8 %, malgré des retards et des dépassements budgétaires colossaux dans les programmes F-35, Sentinel ou Columbia. Ces dérives montrent l’absurdité du système : l’argent public finance des projets toujours plus coûteux, sans aucune amélioration du bien-être social. Pendant ce temps, 30 millions d’Américains n’ont toujours pas d’assurance maladie.
En Europe, la frénésie de réarmement liée à la guerre en Ukraine profite massivement aux fabricants d’armes, dont les revenus bondissent de 13 %. Les gouvernements annoncent des milliards pour les tanks, les obus et les missiles, mais réclament des « efforts » sur les retraites, imposent l’austérité dans les services publics, et réduisent les financements universitaires. La logique est claire : on coupe dans le social pour nourrir la militarisation.
La situation n’est pas différente ailleurs. En Russie, malgré les sanctions, les revenus militaires grimpent de 23 %, poussés par la demande intérieure. Au Moyen-Orient, neuf entreprises figurent désormais dans le Top 100, preuve que les conflits alimentent un marché prospère. En Asie du Sud-Est, même dynamique : les groupes sud-coréens et japonais profitent de commandes record.
Cette croissance mondiale du secteur de l’armement révèle une vérité brutale : les guerres sont devenues la source de profit la plus sûre pour les multinationales, alors que la lutte contre la pauvreté, la création d’emplois ou la transition écologique restent les parents pauvres des politiques publiques. Les gouvernements investissent massivement dans la mort, mais expliquent qu’il n’y a « pas d’argent » pour revaloriser les salaires des enseignants, construire des logements sociaux ou financer des projets économiques locaux.
Cette orientation n’est pas neutre : elle fait reculer la démocratie, renforce les inégalités et empêche les pays de bâtir des économies résilientes et créatrices de revenus. L’argent consacré aux armes est de l’argent soustrait au développement humain.
Face à cette dérive alarmante, il est urgent de rappeler que la sécurité véritable ne se mesure pas en missiles mais en emplois, en savoirs, en santé et en dignité. La paix ne se construit pas en enrichissant les marchands d’armes, mais en investissant dans les peuples.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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