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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Le Premier ministre inquiété
2 août 2013, par

Depuis plusieurs semaines une affaire de corruption entache le parti conservateur au pouvoir en Espagne, qui a tenté à de nombreuses fois de démentir tout paiement illégal de compléments de salaires à ses dirigeants dans les années 1990, dont l’actuel chef du gouvernement Mariano Rajoy.
Cependant, des documents comptables manuscrits présentés comme étant des originaux à la presse, ont incriminé les dirigeants du parti et l’ancien trésorier du Parti populaire (PP), Luis Barcenas, actuellement en prison pour une affaire de corruption.
Les documents de l’affaire Barcenas mettent en exergue des compléments de salaires illégaux versés pendant près de trois ans (1997, 1998 et 1999). Ces accusations ont obligé le chef du gouvernement Mariano Rajoy et son Parti populaire (PP), au pouvoir depuis décembre 2011, à s’exprimer.
Ni démission, ni culpabilité
Le 1er août, ce dernier a dénoncé devant les députés « les mensonges et les manipulations et insinuations malignes qu’ont encouragés entre autres certains dirigeants politiques » . Ajoutant « rien de lié à ce sujet ne m’a empêché ou m’empêchera de gouverner » , Mariano Rajoy a précisé qu’il n’allait pas se « déclarer coupable parce que je ne le suis pas. Je ne vais ni démissionner, ni organiser d’élections ».
Cette déclaration était en réponse au leader de l’opposition, Alfredo Pérez Rubalcaba, qui lui a demandé « de partir », car il avait « fait du mal à l’Espagne » . Les explications de Mariano Rajoy ont porté « sur la situation économique que vit le pays, avec les nouveaux chiffres que nous connaîtrons à cette date, mais aussi sur la situation politique, et je parlerai du sujet qui vous intéresse » . Cette intervention vise à conforter les estimations prédites d’une amélioration sur le front de l’emploi et une sortie prochaine de la récession dans laquelle l’Espagne est plongée depuis 2011. Le chômage en Espagne est passé de 26,5,% en avril à 26,3% en juin, selon Eurostat.
Une erreur
« Je me suis trompé en faisant confiance à quelqu’un qui ne le méritait pas » , a-t-il justifié, en citant le nom de Luis Barcenas, qui est emprisonné pour fraude fiscale et blanchiment d’argent, dans le cadre d’une autre affaire de corruption. Malgré cet aveu et son discours rassurant sur la conjoncture du pays, les critiques se sont faites plus intenses : « Monsieur Rajoy, vous n’avez pas dit la vérité aux Espagnols. Vous portez préjudice à l’Espagne. Pour cela, je vous demande aujourd’hui de partir » , a lancé le chef du Parti socialiste, Alfredo Perez Rubalcaba. « Assumez vos responsabilités, démissionnez et convoquez des élections générales » , a ajouté Cayo Lara, le chef du petit parti écolo-communiste Izquierda Unida.
Mariano Rajoy a reconnu avoir continué à échanger des messages téléphoniques avec Luis Barcenas, jusqu’au début de l’année 2013. Ce qui a levé une vague de contestation : « Aucun autre leader d’une démocratie européenne sérieuse n’aurait continué d’échanger des messages téléphoniques que vous trouvez parfaitement acceptables. Pouvez-vous imaginer (la chancelière allemande Angela) Merkel envoyant des messages téléphoniques à un évadé fiscal pour lui dire sois fort ? » , s’est interrogé, Alfredo Perez Rubalcaba, selon l’AFP. Cette affaire risque d’entacher un peu l’image des politiciens, déjà contestés par les réformes engagées au plus fort de la crise. Dans un sondage Metroscopia, cité par l’AFP, 89% des 1.000 électeurs espagnols interrogés pensent que les réponses du chef du gouvernement ne permettront pas de lever le voile sur ce qui s’est réellement passé. De plus, de nombreux Espagnols pensent que la corruption est le plus grave problème du pays, derrière le chômage.
Céline Tabou
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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