Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
6 mai 2008

Un crime. Un vrai. Le recrutement massif de personnels de santé africains par les pays riches « devrait être considéré comme un crime international ». C’est en tout cas l’avis d’un médecin canadien qui signe, dans le “Lancet”, un “point de vue” au vitriol. Car la “fuite des cerveaux” hypothèque littéralement l’avenir des systèmes de santé africains.
Certes, ce “commerce” - c’est vraiment de cela qu’il s’agit - n’est pas nouveau. Le problème a même fait l’objet d’un rapport spécial à la dernière Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (UNCTAD). C’est pourtant la première fois qu’il est assimilé à un crime. Et de surcroît, dans une revue scientifique de référence comme le “Lancet”.
« Le recrutement intensif de personnels africains déstabilise les systèmes de santé locaux. Il contribue aux crises sanitaires majeures que connaît le continent », lâche le Dr Edward Mills du British Columbia Centre for Excellence in HIV de Vancouver, au Canada. « Nous sommes face à un crime international. Des pays comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis régulent leur population médicale en recrutant notamment en Afrique sub-saharienne ».
Le résultat est accablant : la Tanzanie par exemple se retrouve avec 800 professionnels de santé pour les 40 millions d’habitants que compte le pays. Soit 0,02 pour 1.000 habitants. L’Ethiopie et Madagascar font à peine mieux, avec un taux de 0,03 tandis qu’au même moment, la Grande-Bretagne aligne 2,30 médecins pour 1.000 habitants. Cerise sur le gâteau, les pays “recruteurs” prennent dans leurs filets les meilleurs éléments du continent africain. « Médecins, infirmiers, pharmaciens, tous terminent leurs études en Afrique avant le grand départ », poursuit Mills. « Le Royaume-Uni a (ainsi) économisé 65 millions de livres (soit 86 millions d’euros) grâce au recrutement de médecins ghanéens entre 1998 et 2002 ».
Bien sûr, la France n’est pas en reste. Confrontées au manque de praticiens en milieu rural, les autorités multiplient les mesures incitatives pour attirer les professionnels étrangers. Ainsi, au 31 décembre 2004, l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS) recensait près de 5.000 médecins à diplôme étranger dans les établissements publics. L’Ordre des médecins avance le chiffre de 8.431... C’est dire la difficulté d’appréhender avec précision cette réalité. Quoi qu’il en soit, le risque que les “déserts médicaux” du Nord drainent les ressources du Sud est bien réel. D’autant plus qu’en France, le départ en retraite des “baby-boomers” va laisser 200.000 emplois hospitaliers vacants. Et cela dans les 5 ans à venir...
( Source : The Lancet 2008 ; Destination Santé)
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
In kozman pou la rout
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