Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Crise en Europe
10 octobre 2012, par

La chancelière allemande s’est rendue à Athènes afin d’exprimer son soutien aux mesures de rigueur prises par le gouvernement d’Antonis Samaras. Cette dernière a toutefois dû faire face à des milliers de manifestants venus l’accueillir.
Acte de respect et de reconnaissance d’un côté, provocation de l’autre, la visite d’Angela Markel aura créé la controverse. Cette dernière s’est rendue en Grèce pour la première fois, depuis le début de la crise en 2009. Signe de soutien aux mesures d’austérité mises en place par le gouvernement de coalition d’Antonis Samaras, la chancelière allemande a souhaité faire preuve de « respect » et de « reconnaissance » vis-à-vis des autorités grecques, a expliqué le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.
Un soutien de « rigueur »
Cette visite survient au moment où la troïka doit rendre son analyse sur la situation économique et financière de la Grèce, afin de débloquer la prochaine tranche du programme d’aide. En effet, le gouvernement grec espère obtenir rapidement le versement d’une tranche de prêt de 31,5 milliards d’euros au titre de l’assistance financière internationale de 130 milliards d’euros qui lui a été accordé l’hiver dernier. Après des semaines de tensions et de mésententes, les négociations devraient aboutir d’ici peu et statué de l’avenir de la Grèce dans la zone euro et de l’économie du Vieux continent.
Dans une interview au quotidien populaire Bild, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a indiqué que la visite de la chancelière est « un acte de reconnaissance pour le gouvernement grec qui est soumis à une pression intense en raison de sa politique réformatrice ». En effet, le modèle économique imposé par l’Allemagne depuis le début de la crise en Europe aura créé des mécontentements dans tout le continent. En Grèce, les Athéniens ont répondu en criant à son arrivée : « Angela tu n’es pas la bienvenue ! ».
Ils étaient près de 8000 à manifester le 8 octobre à Athènes, contre la venue de la chancelière. Brandissant des banderoles, ils se sont rassemblés à l’appel des syndicats « de plus en plus exaspérés par les coupes dans les salaires et les avantages sociaux opérés depuis trois ans en Grèce » a indiqué l’agence de presse Reuters. Après un dixième plan de rigueur, des coupes budgétaires, des baisses de salaires dans la fonction publique et une hausse d’impôt, les Grecs ont décidé de fouler le pavé chaque fois qu’un représentant de la troïka viendrait en Grèce.
L’opposition allemande appelle à la solidarité envers les Grecs
Considérée responsable « des maux de leur pays », les Grecs ont scandé « Nous crierons "retourne chez toi !" ». D’autres comme cette manifestante, citée par Reuters, ont souhaité le départ de la chancelière : « Nous voulons que Merkel laisse la Grèce tranquille parce que ses mesures n’apportent ici que la pauvreté. Nous allons nous battre et résister et nous crierons "retourne chez toi !" ».
Alexis Tsipras, dirigeant du principal parti d’opposition de la gauche radicale Syriza a dénoncé le soutien apporté de la chancelière allemande à un gouvernement de coalition « qui s’écroule ». Ce dernier a ajouté que « ce qui arrive dans notre pays est sans précédent et criminel », il a fustigé les programmes d’austérité en cours qui « mènent à l’effondrement social ».
Du côté allemand, le chef du groupe des Verts au Parlement, Jürgen Trittin, a demandé à Angela Merkel, lors d’un entretien au journal "Welt am Sonntag", de dire clairement aux Grecs qu’ils peuvent « compter sur la solidarité européenne sur le difficile chemin qu’il leur reste à accomplir ». Pour les sociaux-démocrates, le président du parlement européen, Martin Schulz (SPD), a également appelé la chancelière à exprimer sa sollicitude à l’égard des Grecs : Angela Merkel devrait « transmettre le message que nous les Allemands, sommes solidaires » des Grecs.
Céline Tabou
Nos peines
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