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L’année 2022 bat de nouveaux records
24 octobre 2023, par

L’OCDE fait état de flux migratoires inédits « depuis au moins 15 ans ». La France a de son côté vu arriver 301.000 personnes sur cette même année. Une dynamique globale « liée au fait que de nombreux pays de l’OCDE connaissent des pénuries de main-d’œuvre » selon l’organisme.
Travailleurs, étudiants étrangers, demandeurs d’asile... quels que soient les indicateurs, des records se comptent partout. L’immigration permanente a atteint en 2022 un niveau historique vers les pays de l’OCDE pouvant combler en partie les « pénuries de main-d’œuvre ».
Avec 6,1 millions de « nouveaux immigrés permanents », soit une augmentation de 26% d’une année sur l’autre, « l’immigration dans les pays de l’OCDE atteint des niveaux sans précédent » en 2022, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
Des chiffres auxquels il faut ajouter les 4,7 millions de déplacés ukrainiens recensés en juin 2023 dans les 38 pays membres de l’OCDE.
Malgré ces flux records, « la majorité de l’immigration est régulée, maîtrisée », à commencer par celle des travailleurs, a souligné Jean-Christophe Dumont, qui dirige la division migrations de l’OCDE.
« L’immigration est un phénomène socio-économique comme les autres, qu’il faut gérer », a expliqué l’économiste, prenant l’exemple de la France où l’immigration de travail a représenté 54.000 personnes en 2022, « un niveau jamais vu depuis les années 1960 ».
En 2022, plus d’un pays sur trois a enregistré des flux « inédits depuis au moins 15 ans », dont la France (301.000 personnes), l’Espagne (471.000) ou la Belgique (122.000), tandis que d’autres pays comme le Royaume-Uni (521.000) et le Canada (437.000) ont battu des records absolus, selon les données compilées dans le document.
Ainsi, la demande d’asile a explosé, selon l’OCDE. Deux millions de nouvelles demandes ont été déposées en 2022, « soit le nombre le plus élevé jamais enregistré à ce jour ». ce chiffre doublé par rapport à 2021, et est largement supérieur aux années 2015-2016, lorsque le conflit en Syrie avait généré une vague d’exil vers l’Europe.
Taux d’emploi historique
Ce pic s’explique en grande partie par la situation aux États-Unis, qui ont enregistré 730.000 demandes, contre 190.000 en 2021. Ce seul pays a accueilli en 2022 1,05 million de nouveaux immigrés permanents.
De plus, le nombre d’admissions d’étudiants internationaux a également atteint un niveau record, avec près de deux millions de personnes, soit près du double de l’année 2021.
Cette dynamique globale est « liée au fait que de nombreux pays de l’OCDE connaissent des pénuries de main-d’œuvre », a expliqué l’organisation dans son rapport. Selon Jean-Christophe Dumont, ces flux s’accompagnent « par une amélioration des conditions d’insertion sur le marché du travail ».
Ainsi, le taux d’emploi des immigrés « a atteint le plus haut niveau jamais observé dans l’ensemble des pays de l’OCDE », où la France fait toutefois partie des mauvais élèves avec un taux de 61% (contre 72% en moyenne), ont écrit les rapporteurs.
« L’immigration régulée de travailleurs étrangers », a précisé le document, s’élève à 21% du total des flux et représente actuellement la même proportion que les personnes immigrant pour des raisons humanitaires.
L’immigration familiale reste la principale catégorie avec quatre entrées sur dix, et est surtout « due aux familles accompagnant les travailleurs immigrés », a observé l’OCDE. En 2022, selon les données de l’organisation, près de 80% des immigrés étaient « actifs », dont 70% en emploi et moins de 8% au chômage.
Toutes ces données ne prennent pas en compte les travailleurs temporaires, comme les saisonniers, alors que cette catégorie qui a également connu « une forte hausse ». Sur l’ensemble des indicateurs, a anticipé l’OCDE, les données préliminaires pour 2023 laissent déjà entrevoir « une nouvelle hausse ».
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