Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Tribune libre de présidents de collectivités et parlementaires d’anciennes colonies intégrées à la République
21 mai 2024

Ce 19 mai, les présidents des Collectivités territoriales de Guyane et de Martinique, la présidente de la Région Réunion, le président du Département de Guadeloupe, Robert Xowie, sénateur de la Kanaky Nouvelle-Calédonie, et sa collègue de La Réunion Evelyne Corbière-Naminzo, ainsi que plusieurs autres parlementaires de La Réunion, Polynésie, Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélémy ont publié ce 19 mai une tribune au sujet de la situation en Kanaky Nouvelle-Calédonie sous le titre « Nous, élus des Outremers demandons solennellement au Gouvernement le retrait immédiat du projet de loi de réforme constitutionnelle ».
« En reconnaissant l’existence d’un peuple autochtone et colonisé, l’accord de Nouméa conclu en 1998 a ouvert la voie à un processus de décolonisation et d’évolution institutionnelle pacifié.
Alors que les accords de Nouméa prévoyaient une composition précise du corps électoral, le projet de loi constitutionnelle présenté par le gouvernement revoit les modalités d’organisation des scrutins pour définir l’avenir du territoire calédonien.
En effet, le projet de loi constitutionnelle organise l’ouverture du scrutin provincial calédonien aux résidents installés depuis au moins dix ans sur l’île.
Cette modification sans consensus de tous les partenaires, constitue une trahison de l’esprit et de la lettre des accords de Matignon et Nouméa.
Les révoltes qui frappent la Nouvelle-Calédonie ont causé la mort de 6 personnes. Nous adressons nos condoléances aux familles des personnes décédées et à l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie-Kanaky.
Face à cette situation d’insurrection, le gouvernement a décrété l’état d’urgence.
La réponse sécuritaire qui consiste à mettre en place des mesures exceptionnelles — interdictions de circulation, assignations à résidence, perquisitions… ainsi que l’envoi de policiers et gendarmes supplémentaires — n’apporte pas de solution.
Ces réponses répressives risquent d’engendrer une spirale de violence et de compromettre le retour au calme attendu.
Seule la réponse politique mettra fin à la montée des violences et empêchera la guerre civile.
Nous, élus des Outremers demandons solennellement au Gouvernement le retrait immédiat du projet de loi de réforme constitutionnelle visant à changer le corps électoral pour les élections en Nouvelle-Calédonie-Kanaky comme préalable à la reprise d’un dialogue apaisé avec l’ensemble des parties prenantes en renouant avec l’esprit des accords de Nouméa pour la construction d’un avenir commun. »
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