Vaste opération de répression sous les yeux de la communauté internationale

Kanaky Nouvelle-Calédonie : des prisonniers politiques déportés en France dès leur arrestation

24 juin, par Manuel Marchal

« Le bureau de l’Union Calédonienne dénonce avec force la stratégie de déstabilisation perpétrée par l’Etat Macron et fera connaître ses outrances et ses exactions à l’international », affirme un communiqué de la composante la plus importante du FLNKS. Hier dans une autre déclaration, l’Union calédonienne appelle au retour au plus vite des prisonniers politiques déportés en France juste après leur arrestation lors d’une grande opération de répression visant les très nombreux partisans du retour à l’indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie.

Le 19 juin, les forces du gouvernement français ont effectué une grande opération de répression visant les indépendantistes en Kanaky Nouvelle-Calédonie. Le siège de l’Union calédonienne, plus importante composante du FLNKS a été perquisitionné. Les responsables du CCAT ont été arrêtés et mis en prison. « Si l’on peut comprendre qu’en ces périodes troublées, la justice a un rôle à jouer, l’Union Calédonienne constate que cela se passe à sens unique et que les faits d’agression perpétrés par les extrémistes non indépendantistes ne font pas l’objet du même traitement de la part de la justice. Cela rappelle vraiment l’engrenage catastrophique dans lequel le ministre Pons a entrainé le pays lors des événements 1984-1988 », souligne un communiqué de l’Union calédonienne diffusé ce 20 juin qui dénonce le traitement de terroristes infligé à des militants qui revendiquent le retour à l’indépendance de leur pays. « Le dossier calédonien n’est pas un dossier à caractère terroriste, ce n’est pas un phénomène jihadiste, ni d’émeutes rurales, c’est un problème politique de décolonisation. Le bureau de l’Union Calédonienne dénonce avec force la stratégie de déstabilisation perpétrée par l’Etat Macron et fera connaître ses outrances et ses exactions à l’international. »

Déportés à 17 000 kilomètres de leur pays dès leur arrestation

Hier, une nouvelle étape a été franchie avec le transfert dans des prisons en France, à 17 000 kilomètres de leur pays, de plusieurs personnes arrêtées par les forces françaises. Dans un communiqué publié ce 23 juin, « l’ensemble des responsables, des militants et sympathisants de l’Union Calédonienne ont appris avec stupeur la déportation en métropole dans la nuit des responsables et militants de la CCAT, dont notre Commissaire générale Bichou Tein ainsi que deux mamans d’enfants en bas âge. Les responsables de La CCAT ne sont en rien des commanditaires d’exactions mais aujourd’hui des martyrs de la justice coloniale. Tout ce qu’ils ont fait est d’organiser depuis plus de six mois les manifestations pacifiques contre Le dégel du corps électoral. Il n’y a rien d’illégal à tout ça ou alors nous ne sommes plus dans un État de droit qui revendique la liberté d’expression ! ».

Paris s’enfonce au lieu de négocier la transition vers l’indépendance

Le commissaire Tein est déporté vers la prison de Mulhouse. Frédérique Muliava, directrice de cabinet du président du Congrès, est déportée vers la prison de Riom au centre de la France.
Ces méthodes ne manqueront pas d’être dénoncées au plus haut niveau international, rappelant au monde que les dirigeants français actuels refusent de se conformer au droit international et montrent leur incapacité à mener pacifiquement un processus de décolonisation.
Dans trois mois, ce sera la déclaration de souveraineté. Au lieu de réprimer, Paris ferait mieux de discuter de la période de transition précédant le retour à l’indépendance. C’est la main tendue d’indépendantiste vers la métropole coloniale.

M.M.

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