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La dimension internationale de la lutte de libération s’est accentuée : première avancée
13 juin 2024, par

La crise en Kanaky Nouvelle-Calédonie est causée par le projet de loi revenant sur l’Accord de Nouméa et remettant en cause la décolonisation du pays. Cette crise a pris une ampleur internationale, avec un débat actuellement à l’ONU sur la Kanaky Nouvelle-Calédonie, et des prises de position d’organisations régionales et d’Etats du Pacifique appelant Paris à ne pas violer l’Accord de décolonisation de Nouméa.
Le président du Forum des îles du Pacifique a affirmé que « La France a provoqué cette crise » et a appelé au retrait du projet de loi sinon « les violences continueront ». Le 8 juin dernier, le président de l’Union calédonienne avait dit que la souveraineté avait déjà le soutien d’une cinquantaine d’Etats, et que les BRICS allaient être contactés.
C’est la dimension internationale prise par la lutte de libération qui est sans doute la principale raison de la suspension du projet de loi constitutionnelle sur la Kanaky Nouvelle-Calédonie, bien plus que le résultat des élections européennes.
Ce 11 juin, Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse à Paris en dehors du Palais de l’Élysée. Il s’est en effet adressé aux journalistes avec la double casquette de président de la République et de chef d’un parti en campagne pour les élections législatives.
Sur quelques sujets, il s’exprima en tant que chef de l’État, notamment sur le projet de loi constitutionnelle concernant la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il fut interrogé sur le devenir de ce projet visant à rendre les Kanaks minoritaires dans le corps électoral spécifique aux élections provinciales et aux consultations sur l’évolution institutionnelle de ce pays.
Voici sa réponse :
« Le projet de loi constitutionnelle qui a été voté dans les mêmes termes par les deux chambres, j’ai décidé de le suspendre parce qu’on ne peut pas laisser l’ambiguïté dans la période », a-t-il dit précisant vouloir « donner toute sa force au dialogue sur place et au retour à l’ordre ».
Ceci laisserait entendre que le résultat défavorable de la mouvance présidentielle lors des élections européennes est l’explication de cette décision. Des faits remettent cette thèse en cause.
Rappelons que malgré plusieurs mois de manifestations pacifiques en Kanaky Nouvelle-Calédonie, le chef de l’État avait décidé de soutenir un projet de loi changeant la Constitution française au profit des anti-indépendantistes. L’État avait choisi de prendre parti pour un camp dans un processus de décolonisation où il devait rester neutre, conformément au droit international.
Le vote de ce projet de loi par les députés le 13 mai dernier a mis le feu aux poudres. Depuis le bilan est très lourd. 9 personnes sont mortes. Les exactions de milices anti-indépendantistes se font encore dans l’impunité. Des dégâts considérables sont à déplorer. Des méthodes des forces françaises sont dénoncées par les partis politiques, les forces vives et les autorités de la Coutume. Beaucoup d’armes circulent.
La lutte de libération a été portée de longue date au niveau international. Depuis l’amplification de la crise, de nombreux États suivent la situation avec inquiétude.
Actuellement, la Kanaky Nouvelle-Calédonie est à l’ordre du jour des Nations-unies. Une délégation est au siège de l’ONU et intervient aux côtés de délégués d’autres pays afin d’y défendre un plaidoyer.
Le 31 mai dernier, le président du Forum des îles du Pacifique a déclaré que « la France est responsable de la crise ». Il a écrit au président du gouvernement de la Kanaky Nouvelle-Calédonie pour l’assurer du soutien du Forum des îles du Pacifique dans la recherche d’une solution.
« La France a provoqué cette crise en ne reconnaissant pas la demande des Kanaks de reporter le troisième référendum », a-t-il dit dans les colonnes d’un journal de Nouvelle-Zélande. « La France doit retirer son projet de loi visant à ouvrir les listes électorales pour permettre une résolution par le dialogue », a-t-il poursuivi. « Nous demandons à la France de retirer ses propositions législatives, de revenir à la table des négociations et d’établir un nouvel accord avec les indépendantistes et les anti-indépendantistes du territoire », a déclaré le président du Forum des îles du Pacifique, sinon « la violence continuera ».
Rappelons enfin que le 8 juin dernier, le président de l’Union calédonienne avait dit que la souveraineté avait déjà le soutien d’une cinquantaine d’Etats, et que les BRICS allaient être contactés.
Ceci illustre l’impact de la crise en Kanaky Nouvelle-Calédonie dans le monde. C’est cette pression internationale qui est sans doute la principale raison de la suspension du projet de loi constitutionnelle sur la Kanaky Nouvelle-Calédonie.
M.M.
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