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La plus haute juridiction de l’ONU intervient à nouveau
27 mai 2024

Israël doit « arrêter immédiatement » son offensive militaire à Rafah, le gouvernorat le plus au sud de la bande de Gaza, selon une nouvelle ordonnance rendue le 24 mai par la plus haute juridiction de l’ONU, la Cour internationale de Justice (CIJ).
La décision n’est pas à la hauteur du cessez-le-feu complet que l’Afrique du Sud avait demandé lors des audiences de la semaine dernière. La CIJ n’a aucun moyen de faire respecter sa décision, que les responsables israéliens ont indiqué qu’ils ignoreraient. Cette ordonnance fait partie du procès intenté par l’Afrique du Sud accusant Israël d’avoir commis le génocide à Gaza.
Des ordonnances antérieures de janvier et mars appelaient Israël à prévenir les pertes civiles, à mettre un terme et à punir l’incitation au génocide et à permettre la fourniture urgente d’une aide humanitaire. La CIJ a estimé qu’une nouvelle ordonnance était nécessaire, car la situation à Gaza s’est considérablement détériorée depuis qu’Israël a lancé une invasion terrestre de Rafah le 7 mai. Depuis, plus de 800 000 personnes ont été déplacées de force de la ville, qui hébergeait auparavant environ 1,5 million de Palestiniens, soit environ 65 % de la population de Gaza.
Israël a ordonné aux habitants d’évacuer certaines parties de Rafah, mais la CIJ a déclaré qu’Israël n’avait pas pris les mesures adéquates pour garantir leur sécurité ou leur accès aux services de base — y compris l’eau — dans les zones où ils avaient reçu l’ordre de se rendre.
L’offensive israélienne a également contraint l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à suspendre les distributions de nourriture à Rafah en raison de la diminution des approvisionnements et de l’insécurité. Dans le cadre des mesures provisoires émises le 24 mai, la CIJ a également ordonné à Israël de rouvrir le terminal de Rafah. Les deux principaux postes frontaliers utilisés pour acheminer l’aide et les fournitures vers Gaza sont tous deux situés à Rafah. Le passage de Rafah avec l’Égypte est fermé depuis qu’Israël a pris le contrôle du côté palestinien de la frontière le 7 mai. Une quantité limitée de fournitures est entrée par le passage de Kerem Shalom avec Israël. Et ce n’est pas seulement la nourriture qui est nécessaire : le manque de carburant oblige les hôpitaux à fermer leurs portes et menace de paralyser complètement la réponse humanitaire.
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