Les experts s’alarment de la situation du Peuple Autochtone Kanak en Nouvelle-Calédonie

Le FLNKS appelle la communauté internationale à soutenir le processus de décolonisation

26 août 2024, par temoignagesceline

Le FLNKS a demandé notamment aux "frères du Pacifique" assemblés lors du Sommet du Pacifique, à "prendre en considération les remarques et les recommandations des rapporteurs spéciaux auprès de l’ONU", qui "s’alarment de la situation du peuple autochtone kanak" dans une déclaration, diffusée en début de semaine.

La déclaration faite par quatre rapporteurs spéciaux des Nations unies à propos de la crise calédonienne semble porter ses fruits pour les défenseurs des droits des Kanbaks, car le haut-commissaire de la République, l’ambassadrice de France dans le Pacifique et des formations loyalistes ont tenté de démentir voir de réfuter les remarques faites par les rapporteurs.

D’autres, au contraire ce sont appuyés sur leurs analyses pour demander des comptes à l’Etat français, comme l’ont fait le conseil coutumier de l’aire Hoot ma Whaap et le FLNKS.

"Profonde gratitude" des indépendantistes

Le front indépendantiste "exprime sa profonde gratitude" envers les experts auprès de l’ONU, "qui ont dénoncé et alerté le monde sur les pratiques coloniales de l’Etat français à l’encontre de notre population".

Laurie Humuni, secrétaire générale du RDO, la composante du FLNKS en charge d’animer le bureau politique, "réitère son appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne le processus de décolonisation engagé en Kanaky Nouvelle-Calédonie".

Le front indépendantiste a demandé aux "frères du Pacifique, qui seront présents au sommet du Groupe Fer de lance mélanésien et au Forum des îles du Pacifique à compter de ce 26 août à Tonga, de prendre en considération les remarques et les recommandations des rapporteurs spéciaux, qui reflètent la réalité de ce que traverse le peuple kanak depuis le 13 mai, afin qu’elles soient adoptées comme futures résolutions de ces instances".

Cette demande a également été adressée au comité C24 de décolonisation, au comité des droits de l’Homme et à l’Assemblée Générale des Nations unies.

"Arrêt des interventions sur terres coutumières sans consentement"

Le conseil national des chefs évoque aussi cette déclaration, dans une communication datant du 23 août. Inaat ne Kanaky remercie les experts de l’ONU "pour le travail accompli pour la cause kanak".

Il "s’associe à tous les grands chefs et autorités coutumières du pays pour exiger l’arrêt immédiat des interventions des forces de l’ordre de l’État français sur terres coutumières sans leur consentement préalable libre et éclairé dans leurs zones d’influences respectives".

Les experts de l’ONU avait déclaré, dans leur rapport du 19 août, que "la tentative de démantèlement de l’Accord de Nouméa porte gravement atteinte à leurs droits humains et à l’intégrité du processus global de décolonisation".

"Le gouvernement français n’a pas respecté les droits fondamentaux à la participation, à la consultation et au consentement libre, préalable et éclairé des Peuples Autochtones Kanaks et de ses institutions, y compris le Sénat coutumier", ont averti les experts.


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