Au Tchad, les frontières sont ouvertes aux réfugiés

Le Tchad a besoin d’aide face au risque d’une hausse des arrivées de réfugiés du Soudan

4 mars

A la différence des États de l’Union européenne, le Tchad ouvre ses frontières à tous les réfugiés victimes de la guerre au Soudan. Pour soutenir l’accueil de nombreuses familles, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) appelle à l’action urgente pour la solidarité avec les réfugiés qui arrivent et vont arriver au Tchad.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), s’est dit de plus en plus préoccupée par le fait que davantage de réfugiés pourraient entrer au Tchad en provenance de la région soudanaise du Darfour dans les semaines à venir, dans un contexte de pénurie de nourriture et d’autres biens de première nécessité.
Près d’un an après le début de la guerre civile au Soudan, le Tchad a de toute urgence besoin d’une assistance humanitaire accrue et de financements importants afin de stabiliser un contexte socio-économique fragile, en particulier dans les régions d’accueil des réfugiés à l’est du pays, estime le HCR.
Ce soutien est indispensable pour permettre au pays de poursuivre sa généreuse politique d’accueil à l’égard des réfugiés.

Frontières ouvertes

« Les autorités tchadiennes craignent que de nombreuses familles soudanaises souffrant de la faim n’arrivent dans les prochaines semaines », a indiqué Kelly Clements, la Haut-Commissaire adjointe du HCR, qui se trouve actuellement dans le pays pour faire le point sur les opérations en cours et évoquer les mesures de réponse avec les pays d’accueil. « Le Tchad s’est engagé à garder ses frontières ouvertes, malgré la fragilité de cette région. Cela va mettre le pays sous pression, alors qu’il accueille généreusement depuis près d’un an les réfugiés de la guerre au Soudan ainsi que des réfugiés d’autres pays arrivés dans le pays à la suite de crises antérieures ».
En décembre, le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû suspendre la distribution de rations à certains groupes de réfugiés dans le pays en raison d’un manque de fonds. Depuis lors, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Depuis plus d’un mois, aucun acheminement de nourriture n’a été possible depuis le Tchad vers le Darfour, où la situation sécuritaire et en matière de protection est très préoccupante ; observe le HCR. La suspension récente de l’assistance transfrontalière est un sujet de préoccupation pour toutes les agences d’aide qui s’inquiètent des conséquences inévitables pour le Darfour et, ultérieurement, pour le Tchad.

Femmes et enfants

Les femmes et les enfants représentent 90 % des réfugiés. Environ 77 % des femmes sont arrivées seules au Tchad avec des enfants. Nombre d’entre elles ont été victimes de violences basées sur le genre, y compris de viols, et ont besoin d’un soutien approprié. Le HCR fournit une aide médicale et une prise en charge psychologique, mais il faut en faire davantage.
« Le rythme des arrivées a ralenti au cours des derniers mois, mais cela pourrait changer rapidement », a déclaré Kelly Clements.
« Même en l’absence d’arrivées supplémentaires, les besoins dépassent déjà largement les capacités des agences humanitaires. On craint vraiment que la région frontalière ne soit confrontée à une nouvelle période de soudure difficile avant que les fortes pluies ne s’abattent sur les camps. Les ressources sont insuffisantes et le financement de l’aide humanitaire est extrêmement limité. Les acteurs du développement doivent intervenir rapidement. Cette situation difficile pourrait empirer très rapidement si des efforts concertés ne sont pas déployés pour fournir une aide supplémentaire au Tchad », a-t-elle ajouté.

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