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« Une juste cause trouve un grand soutien » : Xi Jinping et l’Organisation de coopération de Shanghai

5 juillet

Le 1er Juillet a eu lieu le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). « Temoignages » partage un article complet de l’agence Xin Hua, en français, sur ce sujet. L’OCS a été créée le 15 juin 2001 par les chefs d’Etat chinois, kazakh, kirghiz, russe, tadjik et ouzbek.

Le 15 juin 2001, les chefs d’Etat chinois, kazakh, kirghiz, russe, tadjik et ouzbek se sont réunis à Shanghai. Ensemble, ils ont annoncé la création d’un nouveau groupe régional sur le continent eurasien : l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
L’OCS est la seule organisation intergouvernementale qui porte le nom d’une ville chinoise. Elle est devenue une plate-forme clé pour la Chine afin de renforcer sa coopération avec les pays d’Asie centrale et l’ensemble du continent eurasien en général.
Au cours de la dernière décennie, le président chinois Xi Jinping a participé à chaque sommet des chefs d’Etat de l’OCS, y compris par visioconférence pendant la pandémie de COVID-19. Par le biais de cette plate-forme, il a partagé avec les autres dirigeants mondiaux ses pensées et propositions en vue d’assurer la stabilité régionale, de réaliser un développement commun plus solide et de contribuer à un monde meilleur.
« Une juste cause trouve un grand soutien, et nous allons plus loin lorsque nous avons de nombreux compagnons de voyage. » Aux yeux de M. Xi, le développement de l’OCS, qui représente environ la moitié de la population mondiale et un quart de l’économie mondiale, correspond à la tendance de l’époque et à la direction du progrès humain.

« La paix fait prospérer un pays »

« Les ’trois forces du mal’, le trafic de drogue et le crime organisé transnational sont de sérieuses menaces pour la sécurité et la stabilité régionales. » Quand M. Xi s’est adressé pour la première fois au sommet de l’OCS dans la capitale kirghize Bichkek en 2013, il a ouvert son discours par une déclaration claire et concise sur la situation sécuritaire à laquelle les membres de l’OCS étaient confrontés.
L’OCS a principalement vu le jour pour des raisons de sécurité. L’organisation qui l’a précédée, les « Cinq de Shanghai », avait été formée pour régler les questions de sécurité aux frontières après la fin de la guerre froide. Le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme, les « trois forces du mal », font planer leur menace depuis des décennies sur l’Asie centrale. Cette menace s’est accrue après la chute de l’Union soviétique, l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis et le soi-disant « Printemps arabe ».
Lorsque M. Xi a fait son entrée sur la scène de l’OCS, la région était confrontée à un contexte sécuritaire bien plus complexe. La montée de l’Etat islamique en Irak et en Syrie avait entraîné une diffusion des éléments terroristes et extrémistes en Asie centrale, ce qui a accentué la pression sur la Chine et ses partenaires de l’OCS pour forger des liens solides en matière de sécurité.
Le dirigeant chinois a insisté sur la coopération en matière de sécurité à chaque sommet et a mentionné la “sécurité” plus de 120 fois dans ses 11 discours à l’OCS. Selon lui, la sécurité est le fondement du développement, tandis que la stabilité est une condition préalable à la prospérité.
« La paix fait prospérer un pays, tout comme la pluie nourrit la terre. » M. Xi a cité ce proverbe ouzbek pour expliquer sa vision de la relation entre la sécurité et le développement alors qu’il prenait part au sommet de l’OCS de 2022 à Samarcande.
Il s’est engagé à une « tolérance zéro » à l’égard des « trois forces du mal » et a souligné les efforts réalisés pour les éradiquer. Il a également exhorté les membres de l’OCS à aider l’Afghanistan à retrouver la paix et à faire progresser la coopération dans la lutte contre le trafic de drogue, le crime organisé et les menaces dans les secteurs de sécurité non traditionnels, tels que l’espace et le cyberespace.
Au fil des ans et grâce aux encouragements constants de M. Xi et de ses homologues de l’OCS, le groupement de pays a organisé des exercices conjoints et démantelé des réseaux de trafic de drogue pour couper le terrorisme de ses financements. Ces efforts ont été fructueux. Entre 2013 et 2017, les États membres de l’OCS ont déjoué plus de 600 crimes terroristes, capturé quelque 2.000 terroristes et détruit plus de 500 camps d’entraînement terroristes. Les mécanismes de sécurité ont été améliorés et les exercices conjoints ont été étendus au cyberespace.
L’OCS est aussi une plate-forme sur laquelle M. Xi a exposé sa nouvelle vision de la sécurité pour l’Asie, à savoir une sécurité commune, globale, durable et marquée par la coopération.
Le monde d’aujourd’hui reste en proie à la guerre et aux conflits. Le président chinois s’est toujours attaché à empêcher la guerre et à encourager une paix durable. En 2022, il a proposé l’Initiative pour la sécurité mondiale (ISM), un bien public mondial fourni par la Chine pour faire progresser la gouvernance mondiale en matière de sécurité.
Le principe directeur de l’ISM est le même que celui de sa vision de la sécurité, offrant la solution de la Chine à la question de l’époque.

La Route de la soie moderne

L’OCS est naturellement liée à la proposition phare de M. Xi, l’Initiative la Ceinture et la Route (ICR). Les six membres initiaux de l’OCS étaient traversés par l’ancienne route commerciale dynamique qui reliait l’Orient et l’Occident, et le dirigeant chinois a consolidé cette connexion.
Pendant sa visite d’Etat au Kazakhstan en septembre 2013, il a proposé la Ceinture économique de la Route de la soie, un élément essentiel de l’ICR. Quelques jours plus tard, lorsqu’il s’est exprimé au sommet de l’OCS à Bichkek, il a appelé les pays membres à perpétuer l’esprit de la Route de la soie.
Au cours de cette décennie, M. Xi a utilisé l’ICR comme principal moteur de la promotion de la coopération pratique de la Chine avec les pays de l’OCS, ainsi que comme facteur d’accélération du développement. En alignant leurs stratégies respectives de développement, la Chine et les membres de l’OCS ont obtenu des résultats fructueux dans le renforcement des infrastructures, du commerce et de la connectivité financière.
Plus tôt ce mois-ci, M. Xi et ses homologues kirghize et ouzbek, Sadyr Japarov et Chavkat Mirzioïev, ont salué par visioconférence la signature d’un accord intergouvernemental à Beijing sur la ligne ferroviaire Chine-Kirghizistan-Ouzbékistan.
Cette voie ferrée, comme prévu, débutera à Kachgar, une ville de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, et prendra fin en Ouzbékistan après avoir traversé le Kirghizistan. A l’avenir, elle pourra atteindre l’Asie de l’Ouest et l’Asie du Sud, ce qui en fera la principale artère de transport traversant le continent asiatique.
Dans son message vidéo, M. Xi a décrit cette ligne ferroviaire comme un projet stratégique de connectivité entre la Chine et l’Asie centrale, ainsi qu’un projet phare des efforts de coopération des trois pays dans le cadre de l’ICR.
Située en plein cœur du continent asiatique, l’Asie centrale a longtemps vu son développement restreint pat le manque de ports. Une fois terminée, la voie ferrée raccourcira le temps nécessaire aux produits d’Asie centrale pour atteindre les principaux marchés mondiaux et facilitera l’intégration de l’Asie centrale grâce aux chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales, ce qui renforcera le développement de la région.
Ce projet ferroviaire a été proposé pour la première fois dans les années 1990. Au fil des ans, M. Xi a accordé une attention particulière à ce projet. Dans ses interactions avec les dirigeants du Kirghizistan et de l’Ouzbékistan, deux pays membres de l’OCS, il a appelé à plusieurs reprises à une action commune pour relancer ce projet ferroviaire révolutionnaire.
L’ancien secrétaire général de l’OCS, Vladimir Norov, a salué l’ICR, « une plate-forme majeure pour la coopération multilatérale » qui profite aux pays enclavés d’Asie centrale, y compris l’Ouzbékistan dont il est originaire. L’ICR a fourni « l’occasion de rejoindre librement le marché mondial ».
Cette ligne ferroviaire n’est que l’une des facettes de la coopération dynamique de la Chine avec les membres de l’OCS. Grâce à une connectivité accrue, le commerce est florissant. Au cours de l’année écoulée, le volume commercial entre la Chine et les cinq pays d’Asie centrale a atteint un montant record d’environ 90 milliards de dollars américains, en hausse de 27 % en glissement annuel.

Des liens plus forts

Quand l’organisation du sommet de l’OCS de 2018 est revenue à la Chine, M. Xi a choisi d’accueillir ses collègues à Qingdao, une ville côtière de la province du Shandong (est). Ce choix était riche en implications culturelles.
Le Shandong est la province de naissance de Confucius et Mencius, deux grands sages chinois, et le berceau du confucianisme. Cette ancienne philosophie chinoise a eu une influence majeure sur de nombreuses cultures asiatiques et un impact profond sur la vie des Chinois et leur façon de penser.
M. Xi a souhaité la bienvenue aux dirigeants de l’OCS avec une célèbre citation de Confucius : « Quelle joie d’accueillir des amis venus de loin ! »
Le président chinois défend depuis longtemps l’apprentissage mutuel entre les différentes cultures et civilisations. Depuis son investiture, il a fait des interactions culturelles la marque de sa diplomatie. Pour lui, la diversité des civilisations alimente le progrès humain. A Qingdao, il a d’abord défini sa vision de la civilisation comme basée sur l’égalité, l’apprentissage mutuel, le dialogue et l’inclusion.
A de nombreuses occasions, le dirigeant chinois a également mis l’accent sur la préservation de la culture traditionnelle et l’héritage du patrimoine culturel. A ses yeux, le patrimoine historique et culturel est une ressource précieuse qui n’est pas renouvelable.
Pendant son séjour en Ouzbékistan en 2013, M. Xi a lancé un projet conjoint avec la partie ouzbèke pour rendre aux mosquées historiques et aux écoles islamiques leur gloire d’antan dans la vieille ville de Khiva, largement plébiscitée comme étant une perle de la civilisation sur l’ancienne Route de la soie. Grâce à l’attention et au soutien constants de M. Xi, ce projet a été terminé en 2019.
Lorsqu’il est retourné dans ce pays d’Asie centrale en 2022, il a offert à M. Mirzioïev une maquette de la vieille ville comme cadeau diplomatique pour célébrer les efforts conjoints des deux pays afin de restaurer le patrimoine culturel de la Route de la soie.
M. Xi considère que chaque civilisation est unique et qu’aucune d’entre elles n’est supérieure à une autre. « Nous devons promouvoir l’apprentissage mutuel entre nos civilisations et développer le bon voisinage et l’amitié entre nos pays. Cela nous permettra de renforcer le soutien du public au développement de l’OCS sur le long terme », a-t-il souligné.

Un foyer commun

« L’OCS est notre foyer commun », a un jour déclaré M. Xi. De temps à autre, le dirigeant chinois décrit le nombre croissant de membres de l’organisation commune étant une « grande famille ».
Que l’OCS soit un foyer commun ou une grande famille, elle est toujours ouverte et inclusive. Elle se définit par le refus des alliances, des confrontations et de l’opposition à une quelconque tierce partie. Cela constitue un contraste saisissant avec les clubs exclusifs de pays motivés par la confrontation de blocs idéologiques.
Ces dernières années, l’OCS a intégré de nouveaux membres qui reconnaissent l’esprit de Shanghai, caractérisé par la confiance mutuelle, les bénéfices partagés, l’égalité, la consultation, le respect de la diversité des civilisations et la poursuite du développement commun.
Avec neuf États membres, trois États observateurs et 14 partenaires de dialogue, l’OCS représente aujourd’hui la plus grande organisation régionale en termes d’échelle géographique et de population.
Pour M. Xi, l’humanité vit dans un même petit village mondial et elle devient de plus en plus une communauté de destin dans laquelle les intérêts de chacun sont étroitement liés. Il a ainsi proposé l’établissement d’une communauté de destin de l’OCS lors du sommet de Qingdao.
Le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, a assisté à la création des « Cinq de Shanghai » en 1996 en tant que haut responsable de son pays, et il est impliqué dans les activités de l’OCS depuis le tout début.
Il a exprimé son « profond respect » pour M. Xi et son soutien aux visions de son homologue chinois : « Je n’ai aucun doute concernant leur impact positif sur le développement du monde, qui doit être libre de toute discrimination, sanction ou pression. »
Les propositions de M. Xi jouent un rôle primordial dans la construction de la confiance et des bénéfices mutuels entre les pays dans un monde caractérisé par une instabilité, une incertitude et une imprévisibilité croissantes, a expliqué Sheradil Baktygulov, consultant en affaires étrangères à l’Institut national kirghiz d’études stratégiques, un groupe de réflexion local.
« Les pensées du président Xi montrent la voie pour la construction d’une communauté unie de l’OCS et d’un avenir radieux pour le continent eurasien », a indiqué M. Baktygulov.

(Web editor : Ying Xie, Yishuang Liu)

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