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Le retard de La Réunion ne cesse de s’accentuer
19 mai, par

Le Guyana, ancienne colonie britannique d’Amérique du Sud indépendante depuis 1966, est devenu le seul pays au monde capable d’assurer une autosuffisance alimentaire complète, selon Nature Food. Grâce à une politique volontariste, le pays a investi massivement dans l’agriculture et diversifié ses productions. Pendant ce temps, La Réunion reste dépendante des importations alimentaires, de l’argent de la France et accuse un retard important.
Le Guyana est aujourd’hui le seul pays capable d’assurer à sa population une autosuffisance alimentaire complète. C’est le résultat d’une étude publié par la revue scientifique « Nature Food », qui a évalué 186 États selon leur capacité à produire localement les aliments indispensables à une alimentation équilibrée.
Même en cas d’effondrement des échanges mondiaux, les 800 000 habitants du Guyana pourraient continuer à manger à leur faim. Fruits, légumes, féculents, viandes, poissons, protéines végétales : le pays couvre l’ensemble de ses besoins essentiels, pendant que des grandes puissances dépendantes des importations tremblent face aux crises internationales. Depuis 2020, le président Irfaan Ali a fait de l’agriculture une priorité nationale. Routes agricoles, systèmes d’irrigation, aides fiscales, subventions, soutien logistique : l’État investit massivement pour renforcer les filières locales. Longtemps dépendant du riz et de la canne à sucre, le pays a diversifié sa production : élevages bovins et porcins, pêche, pisciculture, cultures de manioc, maïs, haricots, soja ou patates douces.
Le Guyana a mobilisé sa jeunesse grâce à des programmes de formation et d’innovation agricole associant technologies numériques et agroécologie. Là-bas, l’agriculture est considérée comme un secteur d’avenir. Pas comme un vestige du passé.
Et La Réunion dans tout cela ? Notre île importe encore trop de ce qu’elle consomme. L’essentiel vient de pays lointains comme la France. À la moindre crise mondiale, c’est toute la population qui devient vulnérable, surtout les pauvres victimes de prix abusifs. Pourtant, notre climat tropical, nos terres fertiles et notre savoir-faire agricole pourraient permettre un autre modèle, comme le rappelle le Guyana.
Mais depuis des décennies, les politiques publiques privilégient l’importation, la grande distribution et la dépendance à la France et à l’Europe dans tous les domaines. La production locale recule, les terres agricoles disparaissent.
Le Guyana montre qu’un petit pays tropical peut choisir la liberté plutôt que la dépendance. La Réunion, elle, continue de prendre du retard.
M.M.
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