Vote d’une motion pour le “oui” au Conseil général

Aveu de faiblesse

1er avril 2005

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C’est une procédure inhabituelle - tant dans la forme que sur le fond - qu’a suivie avant-hier la majorité du Conseil général : une motion intitulée "l’Europe mérite un “oui”" a été présentée et votée en session plénière. Ordinairement, ces propositions de résolution sont renvoyées en commission pour un examen préalable. Prétextant l’urgence, l’assemblée départementale a décidé de débattre du texte le jour même de son dépôt.
Ce genre de motion est habituellement une adresse où, interpellant la Direction du Conseil général ou toute autre instance, des élus formulent des demandes, des revendications à satisfaire ou des propositions à examiner.
Or la motion "L’Europe mérite un “oui”" ne répond pas à de tels objectifs. On voit mal le but qu’elle poursuit. Sinon, de prime abord, elle relève du vœu pieux. Elle ressemble encore plus à une opération d’auto-persuasion : les conseillers généraux qui aspirent à voter par discipline de parti à voter “oui” ont voulu obtenir des arguments pour motiver leur propre choix. On a eu droit à une scène incroyable : l’UMP Serge Hoarau a sollicité le socialiste Jean-Claude Fruteau pour qu’il apporte à l’assemblée les éclaircissements nécessaires. Imagine-t-on, un seul instant, un député UMP proposer à François Hollande de lui expliquer pourquoi il faut voter “oui” ? Jamais la confusion n’a été aussi totale. Jamais aussi, après les photos de Sarkozy à côté de Hollande, et de Margie Sudre accompagnée de Fruteau, on aura autant mesuré le peu de différence entre le “oui” de l’UMP et celui du PS.
En sollicitant les explications du député socialiste, en se félicitant de sa pédagogie, les conseillers généraux de la majorité avouent ne rien comprendre du texte de projet de Constitution. Ils reconnaissent implicitement la faiblesse de leur argumentation et de leur implication dans la bataille référendaire.


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