En marge du séminaire sur les A.P.E.

Axel Zettor et Jean-Pierre Avril : ce que nous avons obtenu

18 juin 2005

Axel Zettor et Jean-Pierre Avril ont participé, au titre du Conseil Économique et Social de La Réunion, au séminaire sur les Accords de Partenariat Économique à Bruxelles les 13, 14 et 15 juin 2005.
Après Guy Dupont (CPI) et Alain Gaudin (C.C.I.R. et Comité régional des pêches), c’est à leur tour de répondre aux questions que nous leur avons posées.

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o Quelle est votre première réaction au moment où ce séminaire sur les APE se termine ?

- J.P. Avril : Il y a eu de très intéressants échanges entre les fonctionnaires des diverses Directions Générales de la Commission Européenne d’une part, le délégué général de la COMESA et nous mêmes, Régions ultrapériphériques de l’Europe d’autre part.
Au-delà des échanges sur les projets d’A.P.E., nous avons, bien entendu, dans les interventions mais également dans les réponses et commentaires, la perception par les experts européens de ce qui doit caractériser demain les relations entre l’Union Européenne et les Pays en Voie de développement (PVD) au nombre desquels il y a les RUP. Ces relations sont vues par les diverses Directions Générales dans leur globalité.

o Ce qui a fait constater à plusieurs représentants de RUP que l’Europe parle plus des pays ACP que de ses régions ultrapériphériques !

A. Zettor : Exactement. Et selon le principe que "toute aide d’état est interdite, sauf celles qui sont autorisées", la Direction générale du commerce qui pilote les projets APE nous a réaffirmé que, pour elle, c’est bien l’essor des échanges commerciaux dans un contexte de plus grande concurrence qui sera le moteur du développement et de l’intégration économique régionaux.
C’est un fait. Il nous faut en prendre acte.

o Autrement dit, l’Union européenne ne peut pas reconnaître aux RUP un traitement général qui ne serait pas conforme aux règles de l’O.M.C. !

A. Zettor : Les A.P.E. constituent un cadre pensé par l’Union européenne pour organiser ses relations avec les A.C.P.. Les R.U.P. (donc La Réunion) sont impactées par ces projets, tout en disposant d’autres cadres - (DOCUP, Coopération...) pour réfléchir et agir.
L’Union ne peut consentir que quelques exceptions aux règles de l’O.M.C.. Cela nous a été demandé : dans quels domaines précis pourrions-nous proposer ces exceptions à la règle ?

o Que devons-nous faire si nous voulons être associés à la démarche APE et éventuellement en tirer parti ?

J. P. Avril : Il nous faut d’urgence désigner un pilote et organiser nos propositions et nos priorités, nos produits et leurs secteurs. C’est la toute première des urgences.
Ensuite, il nous faut réussir l’essai que nous avons marqué pendant ces trois jours de séminaire. Alors que sur un plan strictement formel, nos RUP ne peuvent pas être associées aux discussions, nous avons obtenu que l’informel serait organisé et structuré de façon à ce que nous soyons partie prenante de ces discussions. Ce séminaire a été une bonne illustration de cet “informel” qui pourrait “positiver” les discussions...
Enfin, il est bon que nous disions que nous exigeons d’être destinataires, par un moyen ou un autre, l’échange direct ayant notre préférence, d’une information actualisée des avancées du processus A.P.E..
Nous croyons qu’il appartient au Conseil régional, pour ce qui est de notre île, d’animer une plate-forme de concertation.

Propos recueillis par Raymond Lauret


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