Benazir Bhutto tuée dans un attentat suicide

28 décembre 2007

Benazir Bhutto, ancien Premier ministre pakistanais, a été tuée jeudi dans un attentat suicide qui a visé un de ses meetings à Rawalpindi, dans la banlieue d’Islamabad, a annoncé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Javed Cheema.

« Elle est morte en martyre », a déclaré Rehman Malik, un responsable de sa formation, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP).
Benazir Bhutto, 54 ans, est décédée dans un hôpital de Rawalpindi. Selon la chaîne de télévision Ary-One, elle a reçu une balle en pleine tête. Selon la police, le kamikaze a tiré plusieurs coups de feu en direction de Bhutto au moment où celle-ci quittait une réunion électorale organisée dans un parc public. L’homme s’est ensuite fait exploser. Au moins 16 personnes ont été tuées.

Un pays meurtri par les attentats

Ce drame est le dernier d’une série record d’attentats suicide dans l’histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts en 2007. 
Le plus meurtrier, pour l’heure, avait déjà visé une manifestation du parti de Benazir Bhutto : le 18 octobre, 2 kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du Sud, le retour de l’ex-Premier ministre après 6 années d’exil. Benazir Bhutto avait réchappé du double attentat parce qu’elle se trouvait à l’intérieur d’un camion blindé en tête du défilé. 
Depuis lors, les autorités ont multiplié les avertissements, assurant que des informations « précises » permettaient de penser que les terroristes islamistes voulaient attenter à sa vie.
Après l’attentat du 18 octobre, Benazir Bhutto avait accusé à plusieurs reprises des « hauts responsables » proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d’être à l’origine de cette attaque, sans jamais le prouver.

Une campagne électorale
 sous tension

L’ex-Premier ministre dirigeait le principal parti de l’opposition au président Pervez Musharraf, le Parti du Peuple Pakistanais depuis qu’elle lui avait tourné le dos début novembre après avoir négocié, dans un premier temps, un accord de partage du pouvoir qui lui avait permis de rentrer d’exil.
C’est en invoquant notamment la menace terroriste islamiste que Pervez Musharraf avait instauré l’état d’urgence le 3 novembre. Après quelques jours de tergiversations, Benazir Bhutto avait mis un terme à ses négociations avec le chef de l’Etat pour un partage du pouvoir dans la perspective des élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier. Elle était alors entrée dans l’opposition.
Face à la pression intense de la communauté internationale et de l’opposition, M. Musharraf, qui a été réélu pour un second mandat le 6 octobre par les assemblées sortantes, avait finalement levé l’état d’urgence le 15 décembre et promis de tout faire pour assurer la sécurité de la campagne électorale et des opérations de vote.

Nawaz Sharif, autre leader de l’opposition, blessé


Au moins 4 personnes ont par ailleurs été tuées jeudi à Islamabad dans des échanges de tirs lors d’une réunion électorale de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, l’un des leaders de l’opposition, a annoncé la police.
Les coups de feu semblaient provenir d’un bâtiment hébergeant un parti politique rival qui soutient le président Pervez Musharraf, selon des témoins interrogés sur place. La police n’a pas confirmé cette information pour l’heure.
Le drame est survenu dans un quartier périphérique de la capitale quand des militants du parti de M. Sharif préparaient des banderoles juste avant l’arrivée de leur leader et alors qu’une bagarre venait d’éclater, a indiqué un autre officier de police qui a requis l’anonymat.
L’ex-Premier ministre (1990-1993 et 1997-1999) est rentré le 25 novembre de 6 années d’exil pour participer aux élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier et dirige l’un des deux principaux partis de l’opposition.
Il avait été évincé du pouvoir le 12 octobre 1999 par son chef d’état-major de l’époque, le général Pervez Musharraf.
Le gouvernement de M. Musharraf a autorisé M. Sharif à revenir au pays 6 ans après qu’il eut été condamné à la prison à vie notamment pour corruption, détournements de fonds publics et détournement d’avion (celui qui ramenait le général Musharraf d’un voyage à l’étranger le 12 octobre 1999).
M. Sharif avait signé en 2000 un accord avec le gouvernement au terme duquel il sortait de prison s’il acceptait de s’exiler 10 ans.
La Commission électorale a récemment rejeté sa candidature aux élections du 8 janvier en invoquant sa condamnation pour des crimes en 2000.


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Témoignages - 82e année


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