Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Guerre Israél - Hamas : l’ancien premier ministre Yaïr Lapid accuse
30 octobre 2023, par

L’ancien premier ministre Yaïr Lapid a affirmé que Benjamin Netanyahou disposait des renseignements de ses services avant l’attaque du groupe terroriste islamiste, Hamas, le 7 octobre.
L’ancien premier ministre et actuel chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, assure sur X (anciennement Twitter) que, contrairement à ce qu’affirme le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, ce dernier disposait d’informations relatives à l’attaque du Hamas qui se préparait.
« À la veille de Yom Kippour, le 20 septembre, j’ai publié un avertissement inhabituel contre une violente flambée de violences sur plusieurs scènes. Les documents de renseignement sur lesquels je me suis appuyé ont également été soumis à Netanyahou. Ceux qui ont apporté les renseignements sont les mêmes membres du système de sécurité que Netanyahou accuse désormais de ne pas avoir averti », a indiqué Yaïr Lapid.
cette annonce est similaire aux déclarations des services de renseignement égyptiens assurant qu’ils avaient averti Benyamin Netanyahou à plusieurs reprises que le Hamas « préparait quelque chose de très important ».
Une affirmation rapidement démentie par le bureau du premier ministre israélien alors que des interrogations planent sur la faillite des renseignements de l’État hébreu.
Interrogé par France 24, David Khalfa, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès, a expliqué que cette attaque du 7 octobre est une "surprise, massive et coordonnée" qui constitue une "faillite majeure" des services de renseignement israéliens.
Ce dernier a expliqué qu’il y a "un certain degré d’impréparation, probablement une erreur d’analyse d’estimation des services de renseignement israéliens. C’est probablement aussi une erreur de préparation des forces spéciales israéliennes. On sent bien que l’armée israélienne, elle-même, est dans un état de sidération, parce qu’elle est dans le brouillard de la guerre. La réussite de l’opération du Hamas repose sur l’effet de surprise et aussi sur des manœuvres interarmées. L’opération est tridimensionnelle : air, mer, terre. C’est cela qui a sans doute surpris les Israéliens".
Benyamin Netanyahou a franchi une « ligne rouge »
Yaïr Lapid a estimé que Benjamin Netanyahou a franchi une « ligne rouge » en rejetant la responsabilité du manque de préparation d’Israël sur l’armée et les services de renseignement.
Dans un message posté sur X et supprimé depuis en raison de l’indignation qu’il a suscité, le premier ministre israélien a affirmé : « jamais, en aucune circonstance, le Premier ministre n’a été alerté sur les intentions belliqueuses du Hamas ».
« Tous les responsables sécuritaires, y compris le chef des renseignements militaires et le chef de la sécurité intérieure, estimaient que le Hamas craignait d’agir et cherchait un arrangement. C’est l’évaluation qui a été soumise plusieurs fois au Premier ministre et au cabinet par tous les responsables sécuritaires et la communauté du renseignement. Jusqu’au moment où la guerre a éclaté », avait poursuivi le chef du gouvernement », a-t-il écrit.
« Alors que les soldats et les commandants de Tsahal se battent vaillamment contre le Hamas et le Hezbollah, il tente de les blâmer au lieu de les soutenir. Les tentatives d’échapper à la responsabilité et de rejeter la faute sur l’establishment de la sécurité affaiblissent Tsahal alors qu’il combat les ennemis d’Israël. Monsieur Netanyahou doit s’excuser pour ses propos », a dénoncé Yaïr Lapid.
« J’ai eu tort », a concédé le premier ministre
Benjamin Netanyahu avait reproché le 29 octobre aux responsables sécuritaires de son pays d’avoir sous-estimé les risques d’une attaque d’envergure du Hamas. Il s’est excusé après ce message publié sur X qu’il a supprimé et a ensuite publié : « J’ai eu tort. Les propos que j’ai tenus à la suite de la conférence de presse n’auraient pas dû être tenus et je m’en excuse ».
Avant d’ajouter : « Je soutiens totalement tous les responsables sécuritaires. Je soutiens le chef d’état-major, les commandants, et les soldats de Tsahal (armée israélienne) qui sont au front et qui se battent pour notre foyer. Ensemble nous vaincrons ».
Le 25 octobre, Benjamin Netanyahou a toutefois concédé dans une allocution qu’il devrait lui aussi « rendre des comptes » sur les « défaillances » sécuritaires. « Mais tout ça se déroulera après la guerre », concluait-il.
Une tentative de dédouanement
« La tentative de fuir la responsabilité et de mettre la faute sur l’appareil sécuritaire affaiblit Tsahal alors qu’il se bat contre les ennemis d’Israël », a réagi Yaïr Lapid, chef de l’opposition.
Cet épisode « attise les luttes internes et trahit de nouveau l’ampleur de l’usure et de la confusion au sein de leur gouvernement », a affirmé Ezzat Al-Risheq, membre du bureau politique du Hamas, dans un communiqué publié par le mouvement.
Plusieurs analystes politiques en Israël estiment que la suite de la carrière politique de Benjamin Netanyahu est fortement compromise pour n’avoir pas été en mesure d’assurer la protection de sa population, un de ses slogans électoraux.
D’ailleurs, les choses pourraient évoluer, si une commission d’enquête indépendante venait à déterminer sa responsabilité dans la négligence qui a précédé la tuerie du 7 octobre qui a fait plus de 1 400 morts, essentiellement des civils et la majorité le jour de l’attaque du Hamas, selon les autorités locales.
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