Le PCR alerte sur les conséquences dramatiques d’un APE UE-Afoa ouvert aux services
8 juin, parCommuniqué du Parti communiste réunionnais
Associations caritatives
7 décembre 2007

Sauver l’Afrique, lutter contre la maladie, éradiquer la faim ou faire reculer la violence. Fortes de leurs visées altruistes, certaines ONG avancent des chiffres inconséquents dans leurs campagnes d’appels aux dons, au risque de desservir leur cause.
La nouvelle a jeté un froid. À la fin de cet été, l’association britannique “Save Darfur” a été condamnée pour publicité mensongère par l’office britannique de vérification des annonces, l’Advertising Standards Authority (ASA). Dans ses campagnes d’affichage, l’ONG évoquait le chiffre de 400.000 morts au Darfour depuis l’hiver 2003, là où les estimations de l’ONU en avancent 200.000 avec prudence. Du pain béni pour le Conseil des affaires publiques Soudan-Europe, émanation officieuse du gouvernement de Khartoum. Il a saisi l’ASA et remporté une victoire facile, brouillant le message de ses adversaires. “Save Darfur”, incapable de fonder son assertion, a dû modifier sa campagne.
Sauvez le Darfour France a été un peu plus prudent. « Quatre cent mille morts, c’est l’hypothèse maximaliste, commente son président Mahor Chiche. Nous retenons une estimation à mi-chemin des chiffres les plus hauts et de ceux des Nations unies : 300.000 morts, en comptant les victimes indirectes du conflit. » Toujours selon Mahor Chiche, les milices soudanaises, les « jenjawids », ont tué « 50.000 à 75.000 personnes » depuis 2003. Et ce chiffre effarant de 10.000 morts par mois, évoqué par le site de l’ONG en France ? « Il s’agit de la moyenne des décès sur l’année 2004, au pire de la crise, tempère Mahor Chiche. Ce n’est pas le reflet de la réalité aujourd’hui, nous allons actualiser la page. »
Le Darfour n’est pas l’exception, loin de là. Gonfler les chiffres pour marquer l’opinion est au contraire très fréquent. En ce moment, France Alzheimer communique sur un slogan choc concocté par l’agence Saatchi et Saatchi : « Près d’un million de Français n’ont plus accès à leurs souvenirs. » Vérification faite, 350 000 personnes sont prises en charge par la Sécurité sociale en affection longue durée (ALD) au titre de la maladie d’Alzheimer. Que signifie ce million ? « Pas grand-chose, admet un responsable de l’association. Des scientifiques nous ont d’ailleurs déconseillé de l’utiliser. » France Alzheimer est parti d’un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé qui avance le chiffre de 825.000 malades en 2003. L’association a actualisé cette donnée en tenant compte du vieillissement de la population, puis elle a additionné les maladies apparentées à celle d’Alzheimer pour arriver à un compte rond.
Pourquoi pas ? Peut-être parce que l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé soulignait soigneusement la rareté et l’imperfection des données disponibles sur la maladie. Sans nier la gravité du problème en termes de santé publique, mieux vaut donc prendre le million de France Alzheimer pour ce qu’il est : un arrondi d’actualisation extrapolée (1).
Compétition macabre
Certes, il est de bonne guerre d’élaborer un message fort pour un appel aux dons. Mais la multiplication des campagnes aboutit à une confusion dommageable. Quelle est la « première cause de mortalité dans le monde » ? La macabre compétition est lancée. L’ONG Solidarités évoque l’eau non potable (comme véhicule de nombreuses maladies), la World Heart Federation les maladies cardiovasculaires et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’obésité ! Vérification faite, les maladies cardiovasculaires sont bien en tête des statistiques de l’OMS (les plus complètes), mais celle-ci a choisi de communiquer sur le surpoids comme principal facteur de risque.
Même les ONG réputées pour leur pondération se retrouvent dans la spirale. En 2004, Amnesty International a publié un rapport sur les violences conjugales. Les ambiguïtés de certaines formulations ont conduit nombre d’associations (plusieurs lançant des appels aux dons) à communiquer sur les violences conjugales comme « première cause de mortalité des femmes entre 16 et 44 ans », en Europe comme en France. C’est un fait, 120 femmes en France sont tuées par leur compagnon chaque année. Un seul cas serait déjà inadmissible, mais l’Insee recense 262.000 décès féminins chaque année en France. Les morts violentes en général restent rarissimes, comparées aux cancers ou aux maladies cardiovasculaires, et les violences conjugales ne figurent même pas dans les trente principales causes de mortalité des femmes.
Alors que les ONG préparent en ce moment les campagnes intensives de publipostage pour l’appel aux dons de la période des fêtes, il faut peut-être oser un chiffre choc : 0% des donateurs renonceront à faire un geste sous prétexte que la cause à laquelle ils sont sensibles n’a pas fait assez de victimes en 2007.
Sources Que Choisir
Communiqué du Parti communiste réunionnais
Mézami mi koné pa si étan pti marmaye zot l’avé la shanss an avoir dann zot lanvironeman in vyé méssyé otroman in vyé madam téi gate azot dizon (…)
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