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Un journaliste du “JIR” et la conférence de presse de Paul Vergès
3 juin 2005

Rendant compte, pour “le Journal de l’île” de la conférence de presse tenue avant-hier par le président de la Région, Thomas Quéguiner titre son article ainsi : ’Vergès s’attribue les lauriers de la défaite du “oui” : Non 60% = Alliance 60%’. Il ajoute : ’comme de bien entendu, dernier à entrer en campagne, Paul Vergès a attendu trois jours pour commenter la déroute électorale du “oui”, dimanche dernier dans les urnes. Un “événement historique”, dont il attribue les mérites, si ce n’est ouvertement à lui-même, du moins à l’Alliance. Et ce, avec l’espoir de capitaliser ces voix, voire dépasser les 60%, aux prochaines échéances électorales de 2007’.
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À la lecture de ces propos, on peut se poser la question de savoir si Thomas Quéguiner a, bien entendu, les réponses de Paul Vergès.
En effet, le journaliste du “JIR” a été pratiquement le seul à questionner le président du Conseil régional. Il a notamment cherché à connaître précisément s’il s’attribuait une part prépondérante dans la victoire du “non”.
Comparant le taux de participation au référendum à celui de l’élection au Parlement européen, Paul Vergès faisait remarquer qu’il y a eu, en un an 66.864 électeurs de plus. Il notait que, dans le même temps, le nombre de voix recueillies par le “non” dépasse de 76.000 celui rassemblé par la liste de l’Alliance. "Le “non” représente 76.000 voix de plus qu’il y a un an sur 66.000 votants de plus. Le “non” gagne par rapport à nous (...). Cela veut dire que c’est sorti d’en face, ça nous a été apporté, enfin j’exagère un peu, mais ça nous a été apporté par les autres". Paul Vergès précisait : "ce que je voudrais faire remarquer sur votre question, c’est que cette fois-ci, l’élection ne concernait pas des candidats à une municipale, une cantonale, un poste de député ou autre, mais sur un projet où il fallait répondre par oui ou par non. L’intervention de ce que nous appelons la société civile a été beaucoup plus forte. Les syndicats n’ont pas pris position à l’époque pour les élections européennes, parce que c’étaient des problèmes politiques et ils disent que ce n’est pas dans leurs compétences d’aller prendre position entre des candidats. Cette fois-ci, ces organisations syndicales dans leur majorité ont pris position. C’est un élargissement considérable de la contestation de la politique menée et comme c’est un élément évident, ce n’est pas à moi de m’attribuer les voix qui ont voté “non”".
Revenant à la charge, Thomas Quéguiner insistait en déclarant en substance : ce n’est pas une question de personnes, mais c’est quand même vous, essentiellement, qui êtes à la base de la poussée du “non”. Votre intervention a été un des tournants à créer une dynamique. Paul Vergès lui répondit : "Je crois que c’est me faire beaucoup d’honneur de me prêter une telle influence".
Tous ces propos que l’on peut retrouver sur les bandes (audio et visuelles) enregistrées de la conférence sont loin des commentaires de Thomas Quéguiner. Ce dernier est en effet le seul journaliste présent avant-hier à l’Hôtel de Région à avoir cru entendre Paul Vergès s’attribuer les lauriers de la défaite du “oui”. Comment a-t-il fait son compte ?
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