L’ONU veut restaurer la confiance dans un monde qui a changé

« Ce n’est pas 1945 » : le président de l’Assemblée générale de l’ONU pour une réforme de la gouvernance mondiale

16 septembre, par Manuel Marchal

La 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU s’ouvre dans un monde marqué par les guerres, les inégalités et le dérèglement climatique. Son nouveau président, le Bangladais Khalilur Rahman, appelle à restaurer la confiance dans le multilatéralisme. « Ce n’est pas 1945 », souligne-t-il : l’ONU doit évoluer avec les nouveaux rapports de forces. Réforme de la gouvernance mondiale, paix, climat, développement durable, droits humains et intelligence artificielle figurent parmi ses priorités.

Photo : António Guterres, Khalilur Rahman,nouveau président de l’Assemblée générale de l’ONU, et Annalena Baerbock, présidente sortante. (UN Photo/Manuel Elías)

La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte le 8 septembre à New York dans un contexte marqué par les guerres, les crises humanitaires, les inégalités et l’aggravation du dérèglement climatique. À la tête de l’Assemblée générale pour un an, le diplomate bangladais Khalilur Rahman a placé la restauration de la confiance au cœur de son mandat.
« Nous devons rendre les Nations unies aptes à relever les défis du futur », a-t-il déclaré en recevant le célèbre marteau de bois symbolisant la présidence de l’Assemblée générale. Son mot d’ordre résume l’ambition : « Restaurer la confiance, gérer les transformations : une ONU qui agit pour tous ».

« Le monde a changé. L’Organisation doit changer »

Pour le nouveau président, le constat est clair : « Ce n’est pas 1945. C’est la 81e session. Le monde a changé. L’Organisation doit changer ». Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU doit désormais prendre en compte de nouveaux rapports de forces, les aspirations des pays émergents et la montée en puissance de la société civile.
Ses priorités couvrent les principaux défis mondiaux : faire taire les armes et renforcer la justice, accélérer les Objectifs de développement durable, répondre à l’urgence climatique, défendre les droits humains et les réfugiés, mais aussi encadrer les transformations numériques et l’intelligence artificielle. Il appelle également à renouveler le multilatéralisme et à réformer la gouvernance mondiale.

Un système international en crise

Le secrétaire général António Guterres a souligné l’ampleur de la tâche. Guerres, divisions géopolitiques, risque nucléaire, pauvreté, inégalités et crise climatique mettent à rude épreuve les institutions internationales. Du Conseil de sécurité au système financier mondial, le multilatéralisme peine à répondre aux réalités actuelles.
« Reconstruire la confiance dans le système multilatéral est le défi déterminant de notre époque », a-t-il affirmé. Le droit international et les droits humains sont trop souvent bafoués sans conséquences, tandis que les rivalités entre puissances empêchent des réponses collectives.
L’ONU reste, selon lui, le lieu où les problèmes les plus graves de l’humanité peuvent être discutés par le dialogue, la diplomatie et la coopération.
La présidente sortante, Annalena Baerbock, a elle aussi défendu l’organisation : malgré ses faiblesses, aucun pays ne serait mieux loti sans l’ONU. Un message d’autant plus important à l’heure où la défiance progresse et où les discours de haine de l’extrême droite bénéficient d’une visibilité accrue.
La 81e session devra ainsi répondre à une question essentielle : comment adapter le multilatéralisme à un monde profondément transformé, tout en préservant l’objectif de coopération entre les peuples ?

M.M.

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